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Géopolitique

Sexisme dans les universités américaines : faut-il fermer les fraternités ?

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

L’affaire d’un viol en réunion, dont sont accusés sept étudiants d’une fraternité de l’université Cornell, ravive les inquiétudes sur la culture même de ces organisations exclusivement masculines. Explications en vidéo..

Affaire de viol à Cornell

En octobre 2024, une étudiante de l’université Cornell, située dans l’État de New York aux États-Unis, accuse sept membres de la fraternité Chi Phi de l’avoir violée lors d’une soirée. La victime avait signalé l’agression aux autorités du campus au moment des faits, mais aucune sanction n’a été prise contre les accusés. Elle a finalement porté plainte le 16 septembre 2026. Cette affaire a relancé le débat sur la culture des fraternités étudiantes américaines, souvent associées à des dérives comme le sexisme, la consommation excessive d’alcool et des pratiques violentes lors de rituels d’intégration.

Fraternités : culture et dérives

Les fraternités américaines sont des organisations étudiantes exclusivement masculines, présentes dans de nombreuses universités. Selon Nick Syrett, historien et auteur d’un livre sur leur histoire, ces groupes répondent à un besoin de certains étudiants de « renforcer leur virilité » en adoptant des comportements stéréotypés. Sous la pression du groupe, certains membres organisent des soirées où l’alcool et les relations sexuelles deviennent des outils pour affirmer leur statut. Depuis les années 1970-1980, de nombreux cas de viols collectifs sur des femmes en état d’ébriété, souvent incapables de se défendre, ont été documentés dans ces structures.

Appel à la fermeture

Face à ces scandales répétés, des voix s’élèvent pour demander la suppression pure et simple des fraternités. Le magazine Time s’interroge ainsi sur la pertinence de cette mesure radicale. L’objectif serait de mettre fin à une culture jugée toxique, où les abus de pouvoir et les violences sexistes sont banalisés. Cependant, cette solution soulève des questions : les fraternités pourraient continuer à exister en marge des universités, organisant des événements en dehors du cadre académique.

Limites des sanctions universitaires

Une université peut retirer sa reconnaissance officielle à une fraternité, comme l’a fait l’université du Wisconsin avec la fraternité Alpha Epsilon Pi en 2015. Cette décision interdit à la fraternité d’organiser des événements sur le campus, mais ne l’empêche pas de fonctionner en tant qu’organisation privée. En septembre 2026, deux membres de cette fraternité non reconnue ont été arrêtés pour avoir maltraité des étudiants lors d’un bizutage violent dans un bâtiment situé à proximité du campus. Cet exemple illustre les limites du pouvoir des universités pour contrôler ces groupes.

Ce que ça pourrait changer

La question de la fermeture des fraternités divise. Si cette mesure pourrait réduire les risques de dérives, elle risquerait aussi de pousser ces organisations à opérer dans la clandestinité, échappant ainsi à tout contrôle. Les universités et les autorités locales doivent donc trouver un équilibre entre la protection des étudiants et le respect des traditions étudiantes, tout en garantissant la sécurité et l’égalité des droits. Le cas de Cornell montre que les solutions doivent être globales, incluant à la fois des sanctions et une refonte des pratiques culturelles.

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