Attaque au couteau, saluts nazis : en Grèce
Une attaque au couteau perpétrée la semaine dernière contre un militant antifasciste suscite l’inquiétude en Grèce. Les journaux du pays craignent le retour d’un fascisme débridé, sur fond de difficultés économiques et dans un contexte international favorable à l’extrême droite..
Le 15 septembre 2026, dans la ville d'Elefsina, située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest d'Athènes en Grèce, deux hommes ont agressé un militant antifasciste en lui portant un coup de couteau. Les agresseurs ont proféré des menaces en criant « C’est nous qui commandons ici », selon le journal grec Ta Nea. Cet acte violent survient dans un contexte où l'extrême droite semble reprendre de l'influence. L'agression illustre une montée des tensions politiques et sociales, où les milices d'extrême droite n'hésitent plus à recourir à la violence pour imposer leur vision. Elefsina, ville industrielle proche de la capitale, devient ainsi le théâtre d'un regain de radicalisation politique, reflétant une dynamique plus large en Grèce.
Ilias Kasidiaris, ancien député et porte-parole du parti néonazi Aube dorée (Chrysi Avgi en grec), a été libéré de prison le 15 septembre 2026 après une réduction de peine. Condamné à treize ans de prison en 2020 pour son rôle dans une organisation criminelle, il a purgé une partie de sa peine avant d'être libéré. À sa sortie, il a annoncé son intention de revenir sur le devant de la scène politique. Son retour suscite des inquiétudes, car Aube dorée avait été dissoute en 2019 après avoir été reconnue comme une organisation criminelle. Kasidiaris symbolise la résurgence de l'extrême droite en Grèce, où certains jeunes générations, n'ayant pas vécu directement les activités violentes du parti, ne perçoivent pas son passé comme une menace immédiate.
Treize ans après l'assassinat du militant antifasciste Pavlos Fyssas par des membres d'Aube dorée, la Grèce reste marquée par les séquelles de cette période. L'organisation, fondée dans les années 1980, avait progressivement gagné en influence avant d'être dissoute en 2019 à la suite d'un procès historique. Ce procès avait révélé les liens entre le parti et des actes de violence, dont des agressions et des meurtres ciblés. Malgré cette dissolution, des groupes néonazis continuent d'opérer dans l'ombre, profitant d'un climat politique où l'impunité pour leurs actions inquiète les médias et les défenseurs des droits humains. La libération de Kasidiaris et les violences récentes à Elefsina rappellent que les structures de l'extrême droite n'ont pas totalement disparu.
Les médias grecs, comme *Ta Nea*, expriment des craintes face à ce qu'ils qualifient de *« réalignement des forces d'extrême droite »*. Le journal souligne que les avertissements sur le passé criminel d'*Aube dorée* ne trouvent plus d'écho auprès des jeunes générations, qui n'ont pas connu directement les violences du parti. Cette méconnaissance du passé favorise la résurgence de discours et d'actions radicales. Les observateurs craignent que ces événements ne soient que le début d'une nouvelle vague de violence politique, alors que la Grèce tente de tourner la page sur une décennie marquée par l'extrémisme. Les autorités et la société civile sont appelées à réagir pour éviter une escalade des tensions.

