La France vise une sortie du pétrole en 2045
Le gouvernement a adopté, mercredi 15 juillet, la troisième Stratégie nationale bas-carbone ( SNBC -3), qui fixe la feuille de route de la France pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Le texte doit être entériné par décret d'ici à la fin de la semaine.
Le gouvernement français a adopté la troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC-3) le 15 juillet 2026. Ce plan, qui doit être officialisé par décret avant la fin de la semaine, définit la feuille de route du pays pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La neutralité carbone signifie que les émissions de gaz à effet de serre (GES) seront compensées par des absorptions naturelles ou technologiques, comme la reforestation ou le captage de CO₂. La SNBC-3 remplace les versions précédentes et s’inscrit dans un contexte de crise climatique, marqué par une troisième vague de chaleur en moins de deux mois en France. Ce texte remplace les versions antérieures et s’inscrit dans un contexte de crise climatique, avec des vagues de chaleur répétées et des retards dans la réduction des émissions.
La SNBC-3 prévoit une sortie progressive des énergies fossiles en France. Le charbon doit disparaître d’ici 2030, le pétrole d’ici 2045 et le gaz fossile d’ici 2050. Ces dates marquent des étapes clés pour réduire la dépendance aux énergies polluantes. Par exemple, le pétrole est utilisé pour les transports, le chauffage et l’industrie, tandis que le charbon et le gaz servent principalement à produire de l’électricité. La stratégie impose aussi une réduction de 50 % des émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 1990, soit une baisse annuelle moyenne de 5 %. Ces objectifs s’appuient sur des consultations publiques et des ajustements par rapport à la première version de décembre 2025.
La SNBC-3 détaille des objectifs précis pour chaque secteur économique. Dans les transports, elle vise une « quasi-neutralité carbone » en 2050, avec 66 % de voitures électriques et 90 % d’autobus électriques parmi les ventes de véhicules neufs en 2030. L’agriculture doit réduire ses émissions de 26 % d’ici 2030 et de 53 % d’ici 2050, tandis que l’industrie doit diminuer les siennes de 70 % en 2030 et de 96 % en 2050. Ces réductions s’appuient sur des méthodes comme l’électrification des machines, la sobriété énergétique (moins de gaspillage) et le captage du carbone (technologies pour capter et stocker le CO₂).
Les associations écologistes, comme le Réseau Action Climat, critiquent la SNBC-3 pour son manque d’ambition. Anne Bringault, directrice des programmes de l’organisation, estime que la stratégie ne va pas assez loin, notamment sur la sobriété, un concept qui vise à réduire la consommation globale d’énergie et de ressources. Elle souligne que les transports internationaux, comme l’aviation ou le transport maritime, devraient être davantage ciblés. Ces critiques interviennent alors que la France fait face à des retards dans la baisse de ses émissions : seulement 3 % en 2024 et 2,1 % en 2025, après des baisses plus importantes en 2022 (-6,8 %) et 2023 (-3,9 %).
Le gouvernement a été pointé du doigt pour son retard en matière d’adaptation au changement climatique. Par exemple, 163 millions d’euros du *Fonds vert*, un fonds dédié à la transition écologique, ont été gelés. Ce fonds finance des projets comme la rénovation énergétique des bâtiments ou la protection des écosystèmes. Le gel de ces fonds intervient alors que la France subit des vagues de chaleur intenses et répétées, illustrant l’urgence d’agir. La SNBC-3, bien que critiquée, reste un outil central pour structurer la politique climatique française dans les décennies à venir.

