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Environnement

62 cas de mésinformation climatique recensés sur CNews, Europe 1 et Sud Radio pendant la vague de chaleur de mai

Vert.eco · mis à jour il y a 20 j

L'Observatoire des médias sur l'écologie a recensé 62 cas de mésinformation climatique entre le 23 et le 30 mai, soit cinq fois plus que la moyenne hebdomadaire observée en 2025..

Pic de désinformation

Entre le 23 et le 30 mai 2026, pendant une vague de chaleur exceptionnelle en France, l’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) a recensé 62 cas de mésinformation climatique sur trois chaînes d’information : CNews, Europe 1 et Sud Radio. Ce chiffre est près de cinq fois supérieur à la moyenne hebdomadaire de 2025, qui s’élevait à 13 cas par semaine en dehors des périodes de canicule. La mésinformation climatique désigne ici la diffusion de contre-vérités sur le climat à l’antenne, sans correction par un·e journaliste dans les deux minutes suivantes. Cette hausse brutale illustre un phénomène récurrent : les vagues de chaleur deviennent des périodes à haut risque de désinformation, comme cela avait déjà été observé lors de la première canicule de 2025, où plus de cas avaient été recensés en une semaine que sur les trois premiers mois de l’année.

Médias les plus touchés

Les 62 cas de désinformation se concentrent sur huit médias audiovisuels, mais trois d’entre eux en sont particulièrement responsables : CNews arrive en tête avec 19 cas, suivie de Sud Radio (11 cas) et Europe 1 (11 cas). Ensemble, ces trois chaînes ont diffusé en moyenne plus d’un cas de désinformation climatique toutes les vingt minutes d’information consacrée au climat pendant cette période. L’OME souligne que ces médias figuraient déjà parmi les relais proactifs de désinformation climatique identifiés en 2025. Eva Morel, secrétaire générale de l’ONG Quota climat, a réagi en déclarant que ce contraste entre les médias était saisissant : certains diffusent très peu de désinformation, tandis que d’autres en produisent de manière quasi industrielle.

Thèmes récurrents

Les cas de désinformation identifiés pendant la vague de chaleur de mai 2026 se sont concentrés sur plusieurs narratifs fallacieux. Parmi les plus fréquents, on trouve l’affirmation selon laquelle la vague de chaleur n’est pas exceptionnelle et que son lien avec le réchauffement climatique n’est pas avéré. D’autres propos mensongers incluent l’idée que la France, en raison de sa faible part dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre, n’a pas besoin de réduire ses efforts climatiques, ou encore que la climatisation n’a aucun impact négatif sur l’environnement et constitue une bonne solution d’adaptation. Ces affirmations ont été portées principalement par des invité·es politiques (45 %), des journalistes (20 %) et des chroniqueur·ses (18 %).

Responsables des propos

Les auteur·ices des propos de désinformation sont majoritairement des invité·es politiques (45 %), suivis des journalistes (20 %) et des chroniqueur·ses (18 %). Les autres cas proviennent d’invité·es non politiques (14 %) ou d’auditeur·ices intervenant à l’antenne (3 %). Sur CNews et Europe 1, la part des cas issus des membres de la rédaction – journalistes et chroniqueurs – est particulièrement élevée, atteignant respectivement 52 % et 45,5 %. Eva Morel, de Quota climat, a souligné que ce constat révèle un problème structurel au sein de ces rédactions et met en lumière la nécessité d’une régulation plus dissuasive pour limiter la diffusion de fausses informations.

Ce que ça pourrait changer

L’Observatoire des médias sur l’écologie (OME) et Quota climat appellent les rédactions à se préparer aux périodes de vagues de chaleur, désormais considérées comme des *périodes à haut risque de désinformation climatique*. Les narratifs de désinformation sont désormais bien connus, et les médias doivent anticiper pour éviter de subir les effets de cadrage des acteurs hostiles à la transition écologique et aux institutions démocratiques. Eva Morel a conclu en insistant sur la nécessité de renforcer la régulation et la vigilance pendant ces événements climatiques extrêmes, afin de garantir une information fiable et de qualité pour le public.

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