« Gaza, Eux
Une histoire éditoriale à part : 80 éditeurs jeunesse portent le texte de Marie Desplechin illustré par Serge Bloch, « Gaza, Eux c’est nous », actuellement disponible en librairie..
En septembre 2026, quatre-vingts éditeurs jeunesse français se sont réunis en collectif pour publier un livre intitulé « Gaza, Eux, c’est nous ». Parmi les grandes maisons d’édition participantes figurent Gallimard Jeunesse, Flammarion, Le Seuil, Actes Sud et Nathan, ainsi que des structures plus modestes comme Les Grandes Personnes ou Cot Cot Cot éditions. Ce collectif avait déjà mené une action similaire en 2015, avec la publication d’un texte de Daniel Pennac intitulé « Eux, c’est nous », illustré par Serge Bloch, pour soutenir les réfugiés. Cette fois, leur initiative vise à exprimer leur solidarité envers les enfants de Gaza, une région touchée par un conflit prolongé. Le livre est actuellement disponible en librairie et combine un texte de Marie Desplechin avec des illustrations de Serge Bloch.
L’histoire suit le parcours de Yacoub Achour, un grand-père qui marche avec sa femme Amal et ses deux petits-enfants, Mohamad (4 ans) et Rim (10 ans), sur une route entre Erez et Rafah, en direction de Gaza-Ville. Leurs parents sont décédés et leur maison détruite, les forçant à fuir. Le grand-père, Yacoub, utilise le pouvoir des récits pour apaiser les enfants : il leur raconte une histoire inspirée des traditions cherokees, intitulée Traces de pas dans le sable. Rim, la petite fille, rêve de devenir une vraie Cherokee et de faire une tresse, tandis que Mohamad, fiévreux, oublie temporairement les drones grâce à la Danse de l’esprit. Ce récit met en lumière la résilience des enfants face à la violence et l’importance de l’imaginaire comme outil psychologique pour surmonter l’adversité.
Marie Desplechin, autrice du texte, utilise la fiction pour aborder une réalité brutale : la situation des enfants à Gaza. Elle intègre un dialogue fictif entre elle-même et le lecteur, où ce dernier exprime son désarroi face à l’impuissance face à la souffrance des personnages. Desplechin souligne que la fiction ne permet pas de « sauver » Rim et Mohamad, car leur enfermement à Gaza est une réalité géographique et politique incontournable. Elle insiste sur la nécessité de rester fidèle aux faits, en s’appuyant sur des témoignages et des travaux d’historiens. Par exemple, elle utilise un dialogue entre le philosophe Gilles Deleuze et le poète palestinien Elias Sanbar pour enrichir son récit, tout en veillant à ce que le texte reste accessible à des enfants à partir de 12 ans.
Marie Desplechin décrit l’écriture de ce texte comme un exercice périlleux, exigeant une grande rigueur morale. Elle refuse de prendre parti dans le conflit israélo-palestinien et s’attache à éviter toute déformation des faits. Chaque détail, chaque mot est pesé pour ne pas tomber dans le pathos ou la propagande. Elle a notamment vérifié cent fois chaque information, en s’appuyant sur des sources variées : historiens, témoignages, et analyses. L’objectif est de transmettre l’émotion sans la manipuler, tout en restant ancré dans la réalité des enfants de Gaza. Ce travail reflète une volonté de donner une voix à ces enfants sans instrumentaliser leur souffrance.
Les illustrations du livre sont réalisées par Serge Bloch, un dessinateur reconnu pour son style vif et expressif. La couverture représente Rim, une fillette de 10 ans, avec un regard intense et grave, symbolisant la résilience et la vulnérabilité des enfants de Gaza. Les dessins à l’intérieur du livre accompagnent le récit en renforçant son impact émotionnel. Par exemple, les scènes de la *Danse de l’esprit* ou de la tresse de Rim sont rendues avec dynamisme, pour traduire l’énergie et l’espoir malgré le contexte difficile. Les illustrations jouent un rôle clé dans la transmission du message, en rendant accessible un sujet complexe et douloureux à un jeune public.

