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CULTURE

« Gaza, Eux, c’est nous », la littérature jeunesse en solidarité avec les enfants de Gaza

Source unique·il y a 5 j

En septembre 2026, la littérature jeunesse française se mobilise pour les enfants de Gaza à travers un projet éditorial inédit : le livre Gaza, Eux, c’est nous, porté par quatre-vingts maisons d’édition. Ce texte de Marie Desplechin, illustré par Serge Bloch, interroge le rôle de la fiction face à l’horreur, entre résilience et responsabilité morale. À travers une narration qui mêle témoignage et imagination, l’ouvrage soulève une question centrale : comment l’art peut-il agir sans instrumentaliser la souffrance ?

Quel est le précédent éditorial de ce collectif d’éditeurs jeunesse, et en quoi ce projet s’en distingue-t-il ?

En 2015, le même collectif avait publié Eux, c’est nous, un texte de Daniel Pennac illustré par Serge Bloch, pour soutenir les réfugiés. La démarche est similaire, mais le contexte est radicalement différent : cette fois, l’urgence concerne les enfants de Gaza, pris dans un conflit où l’accès à la sécurité et à la paix relève de l’impossible. Le nouveau projet s’inscrit donc dans une actualité plus immédiate et plus violente, tout en reprenant la même structure collective pour amplifier l’impact.

Comment Marie Desplechin articule-t-elle émotion et rigueur documentaire dans son texte ?

L’autrice a mené un travail méticuleux pour ancrer sa fiction dans des faits vérifiés, s’appuyant sur des témoignages et des travaux d’historiens. Elle évite ainsi de tomber dans le pathos ou la simplification, tout en intégrant des éléments symboliques (comme la référence aux Cherokee) pour évoquer la résilience. Le texte joue sur cette tension entre la réalité brutale du conflit et la nécessité de préserver l’espoir, notamment à travers le personnage du grand-père qui raconte des histoires pour distraire sa petite-fille des drones.

Quelles limites la fiction se fixe-t-elle face à l’ampleur de la crise humanitaire à Gaza ?

Marie Desplechin souligne que la fiction ne peut pas « sortir » les enfants de Gaza, ni même leur offrir une issue concrète, car cela relèverait du mensonge. Le texte assume cette impuissance en mettant en scène un dialogue avec le lecteur, où l’autrice reconnaît son incapacité à agir directement. Cette lucidité sur les limites de l’écriture devient un outil pour interroger la responsabilité des adultes face à la souffrance des enfants.

Pourquoi certains grands éditeurs jeunesse, comme Bayard ou L’École des loisirs, n’ont-ils pas participé à ce projet ?

L’article ne précise pas les raisons exactes de leur absence, mais on peut supposer que ces maisons, souvent attachées à une ligne éditoriale plus classique ou à des contraintes institutionnelles, n’ont pas souhaité s’engager dans une démarche aussi militante. Leur non-participation interroge cependant sur les frontières entre engagement humanitaire et neutralité éditoriale dans le secteur jeunesse.

Ce que ça pourrait changer

Ce projet éditorial pourrait marquer un tournant dans la manière dont la littérature jeunesse aborde les crises humanitaires, en montrant que la fiction peut être un espace de résistance et de réflexion plutôt qu’un simple divertissement. Il soulève aussi la question de l’impact réel de ces initiatives : entre sensibilisation et effet de sidération, le livre parviendra-t-il à toucher un public enfantin sans le submerger ? Enfin, il interroge la place de l’engagement dans l’édition jeunesse, un secteur souvent perçu comme apolitique, mais qui ici assume une posture militante claire.

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