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Géopolitique

Une leçon de vélo à 450 dollars : ces parents qui recrutent toute une équipe pour leurs enfants

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Dans les foyers américains les plus fortunés, les parents s’entourent de plusieurs prestataires pour élever leurs enfants et orchestrer le quotidien familial. “The Wall Street Journal” explore l’essor de “la parentalité en mode PDG”, qui promet de libérer du temps, mais risque en contrepartie de nuire aux relations familiales..

Parentalité en mode entreprise

Dans les foyers américains les plus aisés, l’éducation des enfants s’apparente à la gestion d’une entreprise. Cette approche, appelée parentalité en mode PDG, consiste à déléguer les tâches jugées peu gratifiantes ou chronophages à des professionnels spécialisés. L’objectif est de libérer du temps pour des moments de qualité avec les enfants. Par exemple, une ancienne dirigeante de fintech (start-up spécialisée dans les technologies financières) de 44 ans, Christine Landis, explique que chaque heure non consacrée à ces tâches lui permet d’être pleinement présente pour ses enfants. Cette tendance est illustrée par des demandes extrêmes, comme celle d’une famille ayant engagé une nounou pour traquer une figurine Labubu en édition limitée sur les réseaux sociaux, en y mettant « le prix qu’il fallait ». Le Wall Street Journal décrit ce phénomène comme une stratégie visant à préserver des souvenirs émotionnels précieux en externalisant les corvées.

Équipe dédiée à l'éducation

Les parents fortunés recrutent une véritable équipe pour encadrer leurs enfants, allant des nounous classiques aux profils les plus spécialisés. Certaines agences proposent des nounous cavalières pour accompagner les enfants à cheval, des chefs pour bébés préparant des purées adaptées à leur culture d’origine, ou encore des stylistes pour enfants. D’autres embauchent du personnel habitué aux milieux luxueux, comme les yachts ou les voyages en hélicoptère. Par exemple, une famille a confié à sa nounou des missions variées : donner le bain, couper les ongles, lire le même livre en boucle, ou surveiller un tout-petit pendant 45 minutes à ouvrir et fermer une porte. Ces services, souvent coûteux, permettent aux parents de se concentrer sur des activités perçues comme plus importantes, comme la chasse aux œufs de Pâques organisée sous l’œil de Melania Trump en avril 2025 à Washington. Cette externalisation massive reflète une recherche de perfection dans l’éducation et le bien-être des enfants.

Outils technologiques et start-up

Pour optimiser cette organisation, certains parents s’appuient sur des outils technologiques. Par exemple, Christine Landis, fondatrice de la start-up Peacock Parent, utilise l’intelligence artificielle (IA) pour automatiser la gestion domestique. Cette entreprise propose des solutions pour déléguer efficacement les tâches ménagères et éducatives, réduisant ainsi le temps passé sur des activités considérées comme routinières. L’IA peut analyser les besoins du foyer, suggérer des profils de professionnels adaptés, ou même gérer des plannings complexes. Cette approche s’inscrit dans une logique de productivité (efficacité maximale avec un minimum d’effort), où chaque minute économisée est réinvestie dans des interactions parent-enfant de qualité. Le modèle économique repose sur des abonnements, comme celui proposé par Courrier international à partir de 2,99 € par mois.

Ce que ça pourrait changer

Ce phénomène de *parentalité en mode PDG* est particulièrement marqué aux États-Unis, où les inégalités économiques sont fortes. Les familles les plus aisées, souvent issues des milieux de la finance ou de la tech, cherchent à offrir à leurs enfants un environnement optimal, quitte à dépenser des sommes importantes. Par exemple, une famille a engagé une nounou pour une simple tâche de surveillance, tandis que d’autres investissent dans des services haut de gamme comme des chefs ou des stylistes. Cette tendance soulève des questions sur les attentes sociales envers les parents, la pression exercée sur les enfants, et les inégalités d’accès à ces services. Elle reflète aussi une évolution des normes éducatives, où la réussite sociale passe par une organisation quasi industrielle de la vie familiale. Le *Wall Street Journal* met en lumière ces dérives à travers des exemples concrets, sans pour autant les condamner ou les approuver.

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