L’ONU, une organisation mondiale “à la croisée des chemins”
Alors que l’Organisation des nations unies tient la 81ᵉ session de son Assemblée générale, jamais les bruits de bottes et les canons, de l’Iran à l’Ukraine, n’ont été aussi assourdissants, estime “Le Pays”. Le quotidien burkinabè souligne que l’organisation, née en 1945 d’une volonté d’assurer la paix et la sécurité mondiale à travers des mécanismes multilatéraux, reste plus que jamais tributaire des rivalités et des rapports de force..
L’Organisation des Nations unies (ONU) tient en septembre 2026 sa 81e session de l’Assemblée générale (AG), un rendez-vous annuel où les dirigeants des 193 États membres se succèdent pour exposer leurs priorités nationales. Créée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale, l’ONU avait pour mission initiale de prévenir les conflits internationaux et de promouvoir la paix et la sécurité dans le monde. Cette session se déroule dans un contexte mondial particulièrement tendu, marqué par de multiples foyers de tensions comme la guerre en Ukraine, les conflits entre l’Inde et le Pakistan, ou encore les tensions en Afrique (Soudan, Libye, République démocratique du Congo). Le thème central de cette année, « Rétablir la confiance, gérer la transformation pour une ONU au service de tous », reflète les défis majeurs auxquels l’organisation est confrontée.
L’ONU est souvent critiquée pour son incapacité à atteindre ses objectifs initiaux, malgré son rôle historique. Le général de Gaulle l’avait qualifiée de « machin », soulignant son manque d’efficacité et sa soumission aux rapports de force entre les grandes puissances. Ces dernières, notamment celles disposant du droit de veto au Conseil de sécurité (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), orientent souvent les décisions de l’ONU en fonction de leurs intérêts nationaux. L’organisation est ainsi accusée d’inaction ou d’inefficacité dans la gestion des conflits, comme en Ukraine ou au Moyen-Orient, où les tensions entre l’Iran et Israël sont exacerbées par l’appui américain. Son manque de crédibilité s’est encore renforcé avec des accusations de compromission avec certains régimes ou de soumission aux puissances dominantes.
À 81 ans, l’ONU traverse une crise existentielle liée à des défis multiples. Ses opérations de maintien de la paix, censées incarner son rôle central, sont menacées par un manque chronique de financement et une réduction du soutien de certains États membres. Cette situation a conduit l’organisation à diminuer drastiquement ses effectifs et ses moyens d’intervention. Par exemple, les opérations de paix, autrefois symboles de son action, peinent aujourd’hui à remplir leur mission en raison de ces contraintes budgétaires. Cette crise de moyens interroge sur l’avenir même de l’institution, dont l’autorité et l’efficacité sont de plus en plus remises en question.
La question d’une réforme de l’ONU n’est pas nouvelle, mais elle revient en force lors de cette 81e session. Le thème choisi, « Rétablir la confiance, gérer la transformation pour une ONU au service de tous », illustre les attentes de changement. Cependant, les obstacles sont nombreux : les rivalités entre grandes puissances, le droit de veto qui paralyse souvent le Conseil de sécurité, et l’absence de volonté politique commune pour une véritable réforme. Sans une remise en cause profonde de ces mécanismes, il est peu probable que cette session aboutisse à des avancées significatives. Le successeur du secrétaire général actuel, le Portugais António Guterres (dont le mandat se termine fin 2026), devra relever ce défi majeur pour redonner à l’ONU une crédibilité perdue au fil des années.
La 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU marque également le dernier sommet pour le secrétaire général António Guterres, dont le mandat prend fin en décembre 2026. Arrivé à la tête de l’organisation en 2017, il a tenté de moderniser l’ONU et de répondre aux crises contemporaines, comme la pandémie de COVID-19 ou les tensions géopolitiques. Son successeur, dont le nom sera connu après un processus de sélection en cours, devra affronter un héritage complexe : une institution affaiblie, des États membres divisés et des attentes croissantes de la part des pays du Sud global. Son principal défi sera de restaurer la légitimité de l’ONU, alors que son autorité est de plus en plus contestée.

