Angleterre, Belgique
L'Angleterre sauvée par Kane face à la RDC, la Belgique ressuscitée à la 120e minute contre le Sénégal : les grandes équipes européennes se qualifient, mais en frôlant l'élimination. L’article Angleterre, Belgique, Allemagne : dans cette Coupe du monde, les favoris ne dominent plus est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Plusieurs équipes européennes traditionnellement fortes, comme l’Angleterre, la Belgique et l’Allemagne, peinent à dominer lors de cette Coupe du monde. L’Angleterre, par exemple, a frôlé l’élimination face à la République démocratique du Congo (RDC), une équipe classée 42 places plus bas au classement FIFA. La Belgique, quant à elle, a dû attendre la 120e minute pour se qualifier contre le Sénégal grâce à un penalty très contesté. Ces difficultés s’inscrivent dans une tendance plus large : lors de la phase à élimination directe, six matchs des seizièmes de finale se sont décidés dans les cinq dernières minutes, montrant une fin de match souvent décisive. Ces résultats contrastent avec les attentes élevées placées sur ces équipes avant le tournoi.
Le football européen s’est uniformisé ces dernières années autour d’un style de jeu fondé sur l’intensité physique et les duels individuels. Cette approche, bien que efficace sur le papier, réduit l’écart technique entre les équipes et limite la créativité. Par exemple, le Brésil, dont presque tous les joueurs évoluent en Europe et dont le sélectionneur est italien, a eu du mal à construire son jeu face au Japon. De même, l’Allemagne, connue pour son intensité, a été battue par le Paraguay aux tirs au but. Ce style de jeu, axé sur le physique, exclut souvent le patrimoine technique des grandes écoles de football, comme la tiki-taka espagnole ou le jeu positionnel néerlandais, qui privilégient la possession et la construction collective.
L’Angleterre, bien que qualifiée pour les huitièmes de finale, a déçu par son manque d’inventivité. L’équipe a tenté 43 centres lors de son match contre la RDC, un chiffre élevé mais statistiquement peu efficace. Son jeu, très prévisible, repose presque exclusivement sur les ailes et manque de joueurs capables de changer le rythme en attaque. Harry Kane, capitaine et buteur décisif, a sauvé son équipe en marquant deux buts en fin de match, dont une frappe puissante à la 86e minute. Cette performance soulève des questions sur le sélectionneur Thomas Tuchel, qui n’a pas convoqué des joueurs plus créatifs comme Phil Foden ou Cole Palmer. Ces choix tactiques pourraient expliquer les difficultés récurrentes de l’Angleterre malgré sa discipline défensive.
La Belgique, menée 2-0 pendant 86 minutes face au Sénégal, a réalisé une remontée spectaculaire en moins de trois minutes entre la 86e et la 89e minute, égalisant avant de se qualifier grâce à un penalty accordé à la 120e minute. Ce match a marqué la fin de la « Génération dorée » belge, qui avait atteint les demi-finales en 2018. La performance de l’équipe a été qualifiée de « morte » en seconde période, révélant des faiblesses tactiques et un manque de créativité. Le penalty, très contesté, a relancé les débats sur l’arbitrage et la fin de cycle pour une équipe qui a longtemps dominé le football européen.
Les États-Unis, malgré une rhétorique nationaliste de l’administration Trump, célèbrent une équipe nationale diverse, composée de joueurs issus de l’immigration. Par exemple, Sergiño Dest est un New-Yorkais d’origine néerlandaise, Chris Richards a grandi en Europe, et Folarin Balogun est Américain par accident (né à New York de parents nigériano-britanniques). Une publication du département de la Sécurité intérieure, montrant ces joueurs célébrer une victoire avec le slogan « NOUS DÉFENDONS LA PATRIE », a suscité l’ironie, car elle masque la réalité multiculturelle de l’équipe. Malgré les obstacles administratifs pour les visiteurs étrangers, cette Coupe du monde met en lumière la diversité des effectifs et des supporters, comme les communautés haïtienne, congolaise et capverdienne aux États-Unis.
Parmi les matchs à suivre, le duel entre le Portugal et la Croatie oppose deux équipes en difficulté, mais aussi deux légendes du football : Cristiano Ronaldo et Luka Modrić, anciens coéquipiers au Real Madrid. Leur confrontation, ainsi que celle entre l’Espagne et l’Autriche, illustre deux philosophies de jeu opposées : l’Espagne privilégie la technique et la possession, tandis que l’Autriche mise sur le physique tout en affichant des séquences de jeu brillantes. Ces matchs pourraient être les derniers pour ces joueurs emblématiques, ajoutant une dimension émotionnelle à ces rencontres. Les résultats de ces affrontements pourraient aussi redéfinir les hiérarchies du football mondial.

