« Ce projet n'a aucun sens » : la mobilisation s'amplifie contre le canal Seine-Nord Europe
Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis à Oisy-le-Vergers, dans le Pas-de-Calais, contre le mégaprojet fluvial. Une action a ciblé une voie d'accès au chantier, sans rencontrer de répression.
Le 11 juillet 2026, entre 3 000 et 4 000 manifestants se sont rassemblés à Oisy-le-Verger, dans le Pas-de-Calais, pour protester contre le projet de canal Seine-Nord Europe. Cette mobilisation, l’une des plus importantes depuis le début des travaux préparatoires en 2022, a pris la forme d’un cortège festif avec fanfare et sono. Les opposants ont défilé pacifiquement sous une chaleur intense, divisés en deux groupes : l’un suivant le tracé officiel autorisé par la préfecture, l’autre traversant des champs pour atteindre un chantier en cours. Aucun incident majeur n’a été signalé lors de cette manifestation, malgré la présence d’un important dispositif policier composé de barrages filtrants, de drones et de deux hélicoptères en surveillance constante. Ce rassemblement s’inscrit dans une opposition croissante au projet, réunissant des collectifs variés comme Les Soulèvements de la Terre, Extinction Rebellion, la Confédération paysanne et le collectif Mégacanal non merci.
Le canal Seine-Nord Europe est un projet de voie fluviale de 107 kilomètres, conçu pour relier le bassin de la Seine aux ports du nord de la France et des Pays-Bas. Large de 54 mètres, cette infrastructure permettrait la circulation de péniches de grand gabarit, dites XXL, transportant des marchandises comme des conteneurs frigorifiques. Le projet prévoit également la construction de six écluses, d’un pont-canal d’une taille inédite en Europe, et d’une mégabassine de retenue d’eau, la plus grande de France, avec un volume de 74 millions de mètres cubes. Cependant, son emprise totale s’étendrait sur 3 010 hectares, impactant 24 zones naturelles d’intérêt écologique. Les opposants critiquent notamment l’artificialisation des sols et la destruction de terres agricoles fertiles, comme le dénonce Jean-Michel Sauvage, paysan bio dans le Pas-de-Calais, qui questionne la pertinence économique d’exporter des pommes de terre en Chine via ce canal.
Le projet du canal Seine-Nord Europe suscite de vives inquiétudes en raison de ses conséquences environnementales majeures. Sur les 107 kilomètres de tracé, 24 zones naturelles protégées seraient directement affectées, avec un risque de dégradation irréversible des écosystèmes locaux. Les travaux impliquent le déplacement de 74 millions de mètres cubes de terres, modifiant durablement les paysages et les habitats naturels. Les opposants soulignent aussi la destruction de terres agricoles de qualité, déjà soumises à une pression croissante due à l’agriculture intensive. Le projet prévoit en outre la construction d’une mégabassine, une retenue d’eau géante qui pourrait perturber les nappes phréatiques et les cours d’eau environnants. Ces impacts ont motivé la mobilisation de nombreux écologistes et paysans, qui dénoncent un projet incompatible avec les enjeux climatiques et la préservation de la biodiversité.
Depuis le début des travaux préparatoires en 2022, les rassemblements contre le canal Seine-Nord Europe se heurtent à une répression policière systématique. Lors de la manifestation du 11 juillet 2026, un dispositif massif a été déployé autour d’Oisy-le-Verger, incluant des barrages filtrants, des drones et deux hélicoptères en survol permanent. Malgré cela, les manifestants ont réussi à atteindre une clôture protégeant un chantier secondaire, qu’ils ont démontée sans intervention policière immédiate. Plus tard, un face-à-face a opposé les manifestants aux gendarmes mobiles, entraînant l’utilisation de gaz lacrymogènes. Les opposants dénoncent une stratégie de surveillance et de restriction des libertés, qui allonge la durée et complique l’organisation des mobilisations. Les collectifs militants, comme Mégacanal non merci ou Les Soulèvements de la Terre, soulignent que la répression constante ralentit leur coordination et épuise leurs ressources.
L’opposition au canal Seine-Nord Europe s’inscrit dans une lutte de longue haleine, portée depuis des décennies par des militants du *Comité de liaison pour des alternatives aux canaux interbassins (Clac)*. Depuis 2022, cette mobilisation s’est élargie, intégrant des collectifs écologistes et agricoles comme *Extinction Rebellion*, *Les Soulèvements de la Terre* et la *Confédération paysanne*. Le 11 octobre 2025, près de 2 000 personnes avaient déjà défilé dans l’Oise, marquant l’une des premières grandes manifestations contre le projet. Les opposants mettent en avant la nécessité de coordonner des forces militantes dispersées le long des 107 kilomètres du tracé, tout en faisant face à une répression accrue. Leur objectif est de construire un réseau solide, capable de s’opposer efficacement à un projet jugé inutile et destructeur, malgré les obstacles politiques et policiers.

