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Culture

Habiter en poésie, avec Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 2 j

Nour Elassy a écrit ses poèmes à Gaza pendant quinze mois de déplacements forcés. De son côté, la poétesse innue Natasha Kanapé Fontaine affirme la résistance de son peuple face à l'héritage colonial canadien..

Deux poétesses engagées

L’émission Le Book Club sur France Culture a accueilli deux poétesses aux parcours et aux combats distincts : Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine. Nour Elassy, originaire de Gaza, a écrit ses poèmes pendant quinze mois de déplacements forcés, une période marquée par des conditions de vie extrêmement difficiles. Son œuvre reflète cette expérience traumatisante, où l’écriture devient un moyen de résistance et de témoignage face à l’adversité. Natasha Kanapé Fontaine, poétesse innue du Québec, incarne quant à elle la lutte de son peuple contre les conséquences de l’héritage colonial canadien. Son travail poétique s’inscrit dans une démarche de réappropriation culturelle et de résilience, affirmant l’identité et la dignité des peuples autochtones. Ces deux voix, bien que géographiquement éloignées, partagent une même volonté : transformer la souffrance en acte de création et de résistance.

Poésie comme résistance

Pour Nour Elassy, la poésie n’est pas seulement un art, mais un outil de survie. Écrire dans un contexte de guerre et de déplacements forcés, comme ce fut le cas à Gaza, représente un acte de résistance face à l’oppression et à l’effacement. Ses poèmes, nés dans l’urgence et la précarité, deviennent des archives vivantes de l’histoire en train de se jouer. Natasha Kanapé Fontaine, quant à elle, utilise la poésie pour dénoncer les injustices subies par les peuples autochtones, notamment au Canada. Son œuvre s’inscrit dans une tradition de lutte pour la reconnaissance des droits et de la culture innue, tout en célébrant la beauté et la résilience de son peuple. Dans les deux cas, la poésie devient un moyen de donner une voix à ceux que l’histoire officielle ignore ou efface.

Contexte historique et culturel

Nour Elassy écrit ses poèmes dans le contexte d’un conflit prolongé à Gaza, où les déplacements forcés sont devenus une réalité pour des milliers de personnes. Les quinze mois de mobilité constante qu’elle évoque illustrent l’ampleur de la crise humanitaire dans la région, où des populations entières sont contraintes de quitter leur foyer en raison des violences. Natasha Kanapé Fontaine, issue de la communauté innue, s’inscrit dans un contexte historique marqué par la colonisation et ses conséquences. Les peuples autochtones du Canada, comme les Innus, ont subi des siècles de spoliation, d’assimilation forcée et de marginalisation. Son travail poétique s’inscrit dans une dynamique de réappropriation culturelle et de réaffirmation identitaire, en réponse à cet héritage douloureux.

L’émission et ses intervenantes

L’émission Le Book Club, diffusée sur France Culture, est animée par Marie Richeux, écrivaine et productrice. Ce podcast explore les liens entre littérature, engagement et résistance à travers des entretiens avec des auteurs contemporains. Dans cet épisode, Marie Richeux reçoit Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine pour discuter de leur travail poétique et de leur vision de la résistance à travers l’écriture. L’émission met en lumière des voix souvent marginalisées dans le paysage littéraire, tout en offrant une plateforme pour des récits qui mêlent intimité et universalité. Les échanges permettent de comprendre comment la poésie peut être un acte politique, tout en restant profondément ancrée dans l’expérience humaine.

Ce que ça pourrait changer

Malgré leurs contextes radicalement différents, Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine partagent des thèmes communs dans leur œuvre : la résistance, la mémoire et l’identité. Toutes deux utilisent la poésie comme un moyen de survie et de témoignage, transformant leur vécu en une force collective. Cependant, leurs approches diffèrent par leur ancrage culturel et historique. Nour Elassy s’exprime dans un contexte de guerre et de déplacement, où la poésie devient un acte de survie immédiate. Natasha Kanapé Fontaine, en revanche, s’inscrit dans une lutte plus longue et structurelle contre les effets de la colonisation. Leurs voix, bien que distinctes, se rejoignent dans leur capacité à donner une visibilité aux luttes qu’elles portent.

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