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CULTURE

Habiter en poésie, avec Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine

Source unique·il y a 2 j

Dans un épisode du Book Club diffusé le 13 octobre 2026, France Culture explore la poésie comme acte de résistance et d’habitation du monde à travers les voix de Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine. Ces deux poétesses, l’une confrontée à la violence de la guerre à Gaza, l’autre à l’héritage colonial canadien, transforment l’écriture en une forme de survie et de réappropriation de l’espace. Leur dialogue interroge moins la forme poétique que sa fonction politique et existentielle, révélant comment la langue peut devenir un territoire à défendre ou à reconquérir.

Comment Nour Elassy et Natasha Kanapé Fontaine utilisent-elles la poésie comme réponse à des contextes de violence ou d’oppression ?

Nour Elassy a composé ses poèmes pendant quinze mois de déplacements forcés à Gaza, transformant l’écriture en un acte de résistance face à la destruction et à l’exil. Natasha Kanapé Fontaine, quant à elle, affirme la résistance de son peuple innu contre l’héritage colonial canadien, utilisant la poésie pour réaffirmer une identité et un territoire culturel menacés. Toutes deux font de la langue un outil de survie et de réappropriation, où l’acte d’écrire devient une forme d’habitation du monde malgré l’adversité.

Quel rôle joue le podcast Le Book Club dans la mise en lumière de ces enjeux à travers la littérature contemporaine ?

Le Book Club sur France Culture, animé par Marie Richeux, se positionne comme un espace de dialogue où la littérature est abordée non seulement comme un objet esthétique, mais aussi comme un levier de réflexion politique et sociale. En invitant des auteurs comme Elassy et Kanapé Fontaine, l’émission souligne comment la poésie peut servir de contre-discours face aux récits dominants, qu’ils soient liés à la guerre ou au colonialisme. Elle offre ainsi une plateforme médiatique à des voix marginalisées, tout en interrogeant la fonction même de la littérature dans les luttes contemporaines.

Quels parallèles peut-on tracer entre les expériences de ces deux poétesses, malgré leurs contextes géographiques et historiques distincts ?

Malgré leurs différences, Elassy et Kanapé Fontaine partagent une conception de la poésie comme acte de résistance active. Toutes deux transforment leur vécu en matériau poétique pour réaffirmer une présence dans des espaces où elles sont systématiquement niées ou effacées : Gaza pour la première, les territoires innus pour la seconde. Leur travail révèle une même volonté de réinventer le langage pour le soustraire aux logiques de domination, qu’elles soient militaires ou coloniales. Cette convergence suggère une poétique de la survie qui dépasse les frontières géopolitiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette rencontre poétique pourrait contribuer à élargir la perception de la littérature comme outil de résistance, en particulier dans les médias grand public. Elle invite à repenser le rôle des institutions culturelles — comme France Culture — dans la légitimation de ces voix, tout en questionnant la capacité des récits littéraires à déstabiliser les récits dominants sur la guerre, le colonialisme ou l’exil. À l’ère des crises humanitaires et des conflits identitaires, leur approche pourrait inspirer d’autres formes de médiation culturelle, où la poésie ne serait plus cantonnée à l’esthétique, mais reconnue comme une praxis politique.

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