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Culture

Comment se construit une cinéphilie ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 1 h

Que signifie aujourd’hui être cinéphile ? Faut-il avoir vu les grands classiques, connaître ses réalisateurs sur le bout des doigts ou fréquenter les salles obscures ? Comment la cinéphilie se ré-invente-t-elle ? Panorama des cinéphilies contemporaines..

Définition de la cinéphilie

La cinéphilie désigne l’amour et la passion pour le cinéma, au-delà du simple visionnage de films. Elle implique une connaissance approfondie de l’histoire du cinéma, une familiarité avec ses réalisateurs, ses courants et ses techniques, ainsi qu’une fréquentation assidue des salles de cinéma. Contrairement à une idée reçue, elle ne se limite pas à la maîtrise des grands classiques ou à la reconnaissance des réalisateurs les plus célèbres. Aujourd’hui, elle s’étend aussi à la redécouverte de films oubliés, notamment ceux réalisés par des femmes ou des artistes issus de cultures marginalisées. Par exemple, le festival Lumière à Lyon, qui se déroule jusqu’au 18 octobre, met en lumière des cinéastes longtemps ignorées, comme Alice Guy, pionnière du cinéma (1873-1968), dont l’œuvre compte plus de mille films. La cinéphilie est donc un domaine en constante évolution, tant dans ses objets d’étude que dans ses méthodes de transmission.

Cinéma et présent éternel

L’article souligne que le cinéma, même centenaire, reste un art ancré dans le présent. Noël Herpe, écrivain et historien du cinéma, explique que les films ne perdent pas leur pertinence avec le temps : leur valeur artistique et leur capacité à émouvoir ou à questionner persistent. Par exemple, un film comme La Grande Illusion de Jean Renoir (1937) continue d’être étudié et projeté, non seulement pour son statut de classique, mais aussi pour sa pertinence sociale et politique. Cette idée remet en cause l’idée que seuls les films récents méritent l’attention. Le festival Lumière illustre cette vision en programmant des rétrospectives qui mêlent films anciens et contemporains, montrant que le cinéma est un art vivant, capable de traverser les époques sans perdre de sa force.

Diversité des cinéphilies

La cinéphilie n’est pas un concept monolithique : elle se décline en plusieurs formes, selon les goûts, les époques et les cultures. Irène Jacob, présidente de l’Institut Lumière et comédienne, souligne que certaines personnes privilégient les grands maîtres du cinéma (comme Alfred Hitchcock ou Akira Kurosawa), tandis que d’autres s’intéressent à des réalisateurs moins connus ou à des genres spécifiques, comme le cinéma d’auteur ou les films de genre. Par ailleurs, la cinéphilie contemporaine intègre de plus en plus les séries télévisées, comme le note Charles Bosson, critique et animateur du podcast Overtime. Cette diversification reflète une volonté de démocratiser l’accès à la culture cinématographique et de reconnaître la valeur artistique de formes variées, y compris celles longtemps considérées comme mineures.

Transmission et réinvention

La transmission de la cinéphilie repose sur des institutions, des festivals et des médias, mais aussi sur des pratiques individuelles. Le festival Lumière à Lyon, par exemple, joue un rôle clé en organisant des rencontres, des projections et des débats qui permettent de partager des connaissances et de découvrir des œuvres méconnues. Noël Herpe, dans son livre Journal d’un cinéphile (à paraître en 2026), explore cette transmission à travers le prisme de l’histoire personnelle et collective. Par ailleurs, les podcasts comme Overtime de Charles Bosson ou les émissions de France Culture rendent la cinéphilie plus accessible en expliquant des concepts techniques ou en interviewant des artistes. Cette réinvention passe aussi par la valorisation de figures historiques oubliées, comme Alice Guy, dont l’œuvre est aujourd’hui redécouverte et célébrée.

Ce que ça pourrait changer

Les festivals de cinéma, comme celui de Lyon, et les médias jouent un rôle central dans la construction et la diffusion de la cinéphilie. Le festival *Lumière*, qui se tient jusqu’au 18 octobre, propose des rétrospectives, des masterclasses et des rencontres avec des artistes, comme la comédienne Bérénice Bejo, qui incarne Alice Guy dans un film biographique. Ces événements permettent de créer des ponts entre le passé et le présent du cinéma, en mettant en lumière des œuvres et des personnalités qui ont marqué son histoire. Les médias, notamment *France Culture*, contribuent aussi à cette dynamique en produisant des contenus pédagogiques, comme des émissions ou des podcasts, qui expliquent les enjeux du cinéma contemporain et revisitent son héritage. Ces initiatives visent à rendre la cinéphilie plus inclusive et à élargir son public.

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