Sécheresse : plus de la moitié des nappes sous les normales
Après la canicule de juin, plus de la moitié des nappes phréatiques présentent des niveaux sous les normales, a annoncé mardi 7 juillet le Bureau de recherches géologiques et minières. Encore dans un état « satisfaisant » début juin, les nappes ont vu leur état « se détériorer » en raison « d'un déficit de pluie, des températures élevées et des prélèvements en augmentation<small class=�.
En France, plus de la moitié des nappes phréatiques (souterraines) affichent un niveau inférieur aux normales saisonnières. Selon le dernier bulletin du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), publié le 1er août 2023, 58 % des points de mesure sont concernés. Une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine alimentée par les précipitations qui s’infiltrent dans le sol. Ces réserves sont essentielles pour l’alimentation en eau potable, l’agriculture et les écosystèmes. Le BRGM, organisme public français, surveille régulièrement ces niveaux pour anticiper les risques de pénurie ou de sécheresse. Les données montrent une aggravation par rapport au mois précédent, où 54 % des nappes étaient déjà en dessous des normales.
Les régions du sud et de l’ouest de la France sont les plus affectées par cette situation. En Nouvelle-Aquitaine, 80 % des nappes sont sous les normales, tandis que dans le Grand Est, ce taux atteint 70 %. À l’inverse, certaines zones comme la Bretagne ou les Hauts-de-France présentent des niveaux proches de la normale. Cette disparité s’explique par la répartition inégale des pluies ces derniers mois. Les précipitations (pluie, neige) sont en effet le principal facteur de recharge des nappes. Leur absence prolongée, combinée à des températures élevées, aggrave la situation. Les agriculteurs et les collectivités locales de ces régions s’inquiètent déjà des conséquences sur les cultures et les ressources en eau.
La baisse des niveaux des nappes a des répercussions directes sur plusieurs secteurs. Pour l’agriculture, cela signifie un risque accru de stress hydrique (manque d’eau pour les plantes), pouvant entraîner des baisses de rendement. En 2022, la sécheresse avait déjà coûté 2 milliards d’euros à l’agriculture française. Les collectivités locales, quant à elles, pourraient être contraintes de renforcer les restrictions d’eau, comme l’a fait le département des Bouches-du-Rhône en juillet 2023, où l’arrosage des jardins et le remplissage des piscines étaient limités. Enfin, les écosystèmes aquatiques, comme les rivières et les zones humides, subissent aussi la pression de ces niveaux bas, menaçant la biodiversité.
Face à cette situation, les pouvoirs publics multiplient les mesures pour limiter les impacts. Le gouvernement a annoncé un plan de 100 millions d’euros pour aider les agriculteurs à s’adapter, notamment via des aides à l’irrigation et à la modernisation des équipements. Par ailleurs, les préfets peuvent déclencher des arrêtés de restriction d’eau (interdiction partielle ou totale de prélèvements) pour préserver les ressources. En 2023, 60 départements étaient déjà concernés par ces restrictions. Cependant, ces mesures restent souvent réactives plutôt que préventives, ce qui soulève des questions sur la gestion à long terme de l’eau en France.
Les prévisions pour les prochains mois restent incertaines. Les météorologues anticipent des précipitations proches des normales pour l’automne 2023, ce qui pourrait permettre une recharge progressive des nappes. Cependant, cette recharge dépendra de l’intensité et de la répartition des pluies. Si les températures restent élevées, l’évaporation continuera de limiter l’infiltration de l’eau dans les sols. Le BRGM souligne que même avec des pluies abondantes, la récupération des nappes pourrait prendre plusieurs années, en raison de leur lenteur de renouvellement. Les experts appellent donc à une gestion plus durable de l’eau, incluant la réduction des gaspillages et la protection des sols.

