Les enseignants franco-ontariens organisent un vote de grève
L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) aura un vote de grève en novembre..
L’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) a lancé un appel à ses membres pour organiser un vote de grève les 16 et 17 novembre. Ce scrutin permettrait au syndicat d’obtenir un mandat de grève, c’est-à-dire l’autorisation de ses membres pour déclencher une grève si les négociations avec le gouvernement de l’Ontario échouent. L’AEFO représente les enseignants francophones de la province. Actuellement, les conventions collectives, qui sont les accords encadrant les conditions de travail (salaires, horaires, etc.), sont échues depuis le 31 août. Cela signifie que les enseignants travaillent sans accord valide en vigueur, une situation qui peut impacter leurs droits et leurs conditions.
Les négociations entre l’AEFO et le gouvernement ont commencé tardivement, selon la présidente de l’association, Gabrielle Lemieux. Les syndicats avaient demandé au gouvernement de débuter les discussions plus tôt pour éviter un blocage. Cependant, plusieurs mois après l’échéance des conventions collectives, aucune entente n’a été trouvée. Lemieux souligne que le gouvernement ne semble pas pressé de faire avancer les négociations, ce qui retarde la résolution des problèmes. Les syndicats des enseignants anglophones de l’élémentaire, des aides-enseignants et des employés de soutien des écoles ont également annoncé des votes de grève en novembre, montrant une mobilisation plus large dans le secteur de l’éducation en Ontario.
L’AEFO insiste sur la nécessité d’une entente négociée qui reflète les priorités de ses membres et les réalités vécues dans les écoles franco-ontariennes. Ces réalités incluent des défis spécifiques liés à l’enseignement en français, comme le manque de ressources ou de soutien. Un mandat de grève renforcerait la position de négociation du syndicat en lui donnant plus de poids à la table des discussions. Cela permettrait à l’équipe de l’AEFO de mieux défendre les intérêts de ses membres. Pour informer ses membres, l’association prévoit une tournée d’information, en présentiel et en ligne, au cours des prochaines semaines.
Les syndicats ont demandé à la **Commission des relations de travail de l’Ontario (CRTO)** de trancher sur les sujets qui doivent être négociés au niveau central, c’est-à-dire avec le gouvernement provincial, et ceux qui peuvent être réglés localement, par exemple avec les conseils scolaires. Cette demande vise à clarifier les responsabilités de chaque partie et à relancer les négociations. Cependant, ces négociations sont actuellement suspendues en attendant la décision de la CRTO. Cette suspension illustre les tensions persistantes entre les syndicats et le gouvernement, ainsi que la complexité des processus de négociation collective en Ontario.

