Addiction aux plateformes de Meta : un accord à 18 milliards de dollars pour solder le procès
Meta a accepté de verser 18 milliards de dollars pour mettre fin aux plaintes de quatre États américains l’accusant d’avoir rendu Facebook et Instagram addictifs pour les mineurs. Deux semaines après l’ouverture du procès qui l’oppose à quatre États américains, Meta a trouvé un accord avec les plaignants.
Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, a conclu un accord avec 52 procureurs généraux américains représentant 4 États (Californie, Colorado, Kentucky et New Jersey) pour un montant de 18 milliards de dollars. Cet accord met fin à un procès intenté contre Meta pour avoir conçu des fonctionnalités jugées addictives chez les jeunes utilisateurs et pour avoir collecté des données personnelles de mineurs de manière inappropriée. Meta a toujours nié ces accusations, arguant que l’addiction aux réseaux sociaux n’est pas reconnue comme une pathologie psychiatrique. L’accord intervient deux semaines après l’ouverture du procès, le 19 août 2026.
Pour limiter l’usage des plateformes par les adolescents, Meta s’engage à appliquer, sur une période de dix ans, plusieurs mesures qualifiées de standard de l’industrie. Parmi elles, une limite d’usage quotidienne de deux heures par défaut pour les adolescents, cumulée entre Facebook et Instagram. Un mode nuit bloquera les applications entre minuit et 6 heures du matin, tandis qu’un mode école désactivera les notifications entre 8 heures et 15 heures. D’autres mesures incluent des rappels après 15 minutes d’utilisation continue, l’affichage d’un fil d’actualité non algorithmique (à activer manuellement), et la désactivation de la lecture automatique. Meta s’engage aussi à désactiver les filtres de chirurgie esthétique et de maquillage extrême, à renforcer le contrôle parental, et à vérifier l’âge des utilisateurs pour supprimer les comptes de mineurs trop jeunes.
L’accord prévoit la création d’une fondation indépendante dédiée à la recherche sur les réseaux sociaux. Cette fondation recevra des données d’utilisateurs ayant donné leur consentement, afin d’étudier les impacts des plateformes sur les jeunes. Un auditeur indépendant sera chargé de vérifier chaque année, pendant cinq ans, le respect de l’accord par Meta. Les résultats de ces audits seront rendus publics et transmis aux États participants. Cette mesure vise à garantir la transparence et l’efficacité des engagements pris par Meta.
Le montant de l’accord, 18 milliards de dollars, est très inférieur aux estimations initiales. Les quatre États américains réclamaient initialement jusqu’à 1 400 milliards de dollars en pénalités, puis avaient revu leur demande à environ 200 milliards. Sur les 18 milliards, 70 % (soit 12,7 milliards) seront répartis entre les États participants. Les 30 % restants (5,3 milliards) ne seront versés que si YouTube et TikTok acceptent d’appliquer des mesures similaires pour limiter l’usage par les mineurs, comme une limite quotidienne de deux heures et un mode nuit. Ces deux plateformes devront aussi verser un montant équivalent à 5,3 milliards, ce qui équivaut à un remboursement partiel de Meta.
Meta a publié une lettre ouverte adressée à YouTube et TikTok, les invitant à rejoindre l’initiative et à mettre en place des mesures similaires pour protéger les jeunes utilisateurs. Cette démarche s’inscrit dans un contexte où des milliers de plaintes visent plusieurs plateformes (Facebook, Instagram, Snap, YouTube, TikTok et Bytedance) pour avoir contribué à une *crise de santé mentale* chez les jeunes. Meta souligne que ses rivaux sont confrontés aux mêmes enjeux juridiques et souhaite une approche collective pour résoudre ces problèmes.

