Et si vous essayiez de casser notre message chiffré inviolable… hein Flock ?
Cet été, Next vous propose des mini-jeux. Aujourd’hui, vous devez décrypter un message chiffré (ou le contraire, on ne sait pas trop).
Le chiffrement est une méthode qui consiste à transformer des données en un format illisible pour protéger leur confidentialité. Pour les rendre compréhensibles, il faut utiliser une clé, qui peut être une suite de caractères ou un code spécifique. Il existe deux grands types de systèmes de chiffrement : les systèmes symétriques, où la même clé sert à chiffrer et déchiffrer les données, et les systèmes asymétriques, où deux clés différentes sont utilisées. Par exemple, si vous envoyez un message chiffré à un ami, un système symétrique implique que vous utilisiez la même clé que lui pour le déchiffrer. Dans cet article, c’est un système symétrique qui est utilisé, et plus précisément le chiffre de Vernam.
Le chiffre de Vernam est une technique de chiffrement symétrique considérée comme inviolable si elle est correctement appliquée. Contrairement à d’autres méthodes, sa sécurité ne repose pas sur la puissance des calculateurs, y compris les ordinateurs quantiques. Par exemple, il a été utilisé pour sécuriser le téléphone rouge entre Moscou et Washington pendant la Guerre froide. Le principe repose sur l’utilisation d’une clé aléatoire de même longueur que le message à chiffrer. Chaque lettre du message est décalée dans l’alphabet selon un nombre de positions défini par la clé. Si le message fait 10 lettres, la clé doit aussi faire 10 lettres, et le résultat sera une suite de 10 lettres.
Le chiffre de Vernam fonctionne en appliquant un décalage à chaque lettre du message en fonction de la clé. Par exemple, si la lettre A correspond à un décalage d’un cran dans l’alphabet, B à deux crans, et ainsi de suite jusqu’à Z qui correspond à 25 crans. Prenons un message chiffré de trois lettres, ABC. Avec la clé NSF, la première lettre A est décalée de N (14 crans), ce qui donne O (A + 14 = O). La deuxième lettre B est décalée de S (19 crans), ce qui donne U (B + 19 = U). Enfin, C décalée de F (6 crans) donne I (C + 6 = I). Le message déchiffré est donc OUI. Avec une autre clé comme MMK, le même message chiffré ABC donne NON.
La force du chiffre de Vernam réside dans l’utilisation d’une clé aléatoire et de même longueur que le message. Si la clé est parfaitement aléatoire et n’est utilisée qu’une seule fois, il devient impossible de deviner le message original, même avec des calculateurs ultra-puissants. Par exemple, un message de 10 000 lettres chiffré avec une clé de 10 000 caractères aléatoires peut correspondre à n’importe quel autre message de 10 000 lettres. C’est pourquoi cette méthode est considérée comme inviolable : il n’existe pas de raccourci pour retrouver la clé ou le message original sans la connaître. Cette technique est aussi appelée masque jetable, car la clé ne doit jamais être réutilisée.
Le site Flock propose un jeu pour illustrer le fonctionnement du chiffre de Vernam. Un message chiffré de 11 caractères a été préparé, et les utilisateurs peuvent tester différentes clés de 11 caractères pour voir quel message original elles produisent. Par exemple, la clé UEAQXRRIRUG transforme le message chiffré en LES CAROTTES, tandis que la clé UEADJAOXKEB donne LES POIREAUX. L’objectif est de montrer que, sans connaître la clé correcte, il est impossible de déterminer le message original. Le dessinateur en chef de Flock affirme n’avoir caché aucun indice dans son illustration, bien qu’un des messages possibles ne lui plaise pas.
Le chiffre de Vernam a été utilisé historiquement pour des communications ultra-sécurisées, comme le *téléphone rouge* entre les États-Unis et l’URSS pendant la Guerre froide. Ce système permettait d’éviter toute interception ou décryptage par l’ennemi. Aujourd’hui, bien que des méthodes plus modernes existent, le principe du masque jetable reste une référence en matière de sécurité absolue. Cependant, son utilisation pratique est limitée par la difficulté à générer et partager des clés aléatoires de grande longueur. Dans le cas de Flock, le jeu proposé illustre ce principe avec un message court pour faciliter la compréhension.

