Au cœur d'un été cataclysmique, TotalEnergies annonce 9
La crise de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient profite plus que jamais à TotalEnergies. Le géant français des hydrocarbures a engrangé, au second trimestre 2026, 4,7 milliards d'euros de profits, soit le double de l'an dernier à la même époque.
Le groupe pétrolier et gazier TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 9,8 milliards d’euros pour le premier semestre 2022. Ce montant représente un record pour l’entreprise, qui dépasse ainsi ses performances financières des années précédentes. Les profits sont calculés après déduction des coûts d’exploitation, des impôts et des charges financières. Ce chiffre illustre la santé économique exceptionnelle de l’entreprise dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et une forte demande en énergie. Les résultats financiers sont publiés dans un rapport semestriel, document officiel où les entreprises détaillent leurs performances économiques et financières.
L’annonce des profits de TotalEnergies intervient alors que l’été 2022 a été marqué par des événements climatiques extrêmes en Europe et dans le monde. Des vagues de chaleur intenses, des incendies dévastateurs et des inondations catastrophiques ont touché plusieurs régions, notamment en France, en Espagne et en Allemagne. Ces phénomènes, souvent liés au changement climatique, ont eu des conséquences humaines, économiques et environnementales majeures. Ils ont également mis en lumière la dépendance des sociétés modernes aux énergies fossiles, comme le pétrole et le gaz, dont TotalEnergies est l’un des principaux acteurs mondiaux.
Les profits records de TotalEnergies s’expliquent en partie par la flambée des prix de l’énergie observée en 2022. Cette hausse est principalement due à la guerre en Ukraine, qui a perturbé les approvisionnements en gaz naturel, notamment en Europe. Les pays européens, dépendants du gaz russe avant le conflit, ont dû se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement, souvent plus coûteuses. Les prix du gaz et du pétrole ont ainsi atteint des niveaux historiques, ce qui a mécaniquement augmenté les marges bénéficiaires des entreprises du secteur, comme TotalEnergies. Le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars américains à plusieurs reprises en 2022.
L’annonce des profits records de TotalEnergies a suscité des réactions contrastées. D’un côté, certains actionnaires et analystes économiques saluent la performance financière de l’entreprise, qui permet de redistribuer des dividendes aux investisseurs et de financer des projets futurs. De l’autre, des associations écologistes et des citoyens dénoncent ces bénéfices, jugés excessifs dans un contexte de crise climatique et sociale. Ils soulignent que ces profits sont réalisés grâce à la vente d’énergies fossiles, dont la combustion contribue au réchauffement climatique. Des manifestations et des pétitions ont ainsi été organisées pour réclamer une taxation exceptionnelle de ces surprofits.
Face aux critiques, *TotalEnergies* défend sa stratégie en affirmant investir dans la *transition énergétique*, c’est-à-dire le passage progressif des énergies fossiles (pétrole, gaz) vers des énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert). L’entreprise a annoncé des plans d’investissement dans ces secteurs, tout en continuant à exploiter des gisements de pétrole et de gaz pour assurer la stabilité de ses revenus. Cependant, des observateurs pointent le décalage entre ces annonces et les montants réellement alloués à la transition énergétique, jugés insuffisants au regard des profits enregistrés. La question de la cohérence entre les discours et les actions de l’entreprise reste donc un sujet de débat.

