«Ils ont besoin de repreneurs, on a besoin de terres» : dans l’Essonne
L’association A4, réseau d’entraide pour les personnes exilées, vient d’acheter une exploitation agricole à Marcoussis (Essonne). Une première pour l’organisation.
Une exploitation agricole de seize hectares située à Marcoussis, dans l’Essonne, vient d’être achetée par l’association A4, un réseau d’entraide dédié aux personnes exilées. Cette ferme est cultivée selon des méthodes respectueuses de l’environnement : aucun pesticide, engrais chimique ou irrigation n’est utilisé. Les actuels propriétaires, qui approchent de la retraite, ont choisi de transmettre leur exploitation à A4 plutôt que de la vendre à un autre acteur agricole. Cette transaction marque une première pour l’association, qui s’engage ainsi dans un projet agricole concret après des années d’activité centrée sur l’accompagnement des exilés.
L’association A4 est un réseau d’entraide qui soutient les personnes exilées, c’est-à-dire des individus ayant quitté leur pays d’origine pour des raisons variées (guerre, persécution, pauvreté, etc.). Son action repose sur l’accompagnement social, juridique et professionnel de ces personnes. En achetant cette ferme, A4 élargit son champ d’intervention en s’engageant dans un projet agricole. Cette initiative répond à un double besoin : offrir des terres à des personnes exilées souhaitant se reconvertir dans l’agriculture, tout en perpétuant des pratiques culturales durables, sans produits chimiques ni irrigation intensive. L’association devient ainsi propriétaire d’une exploitation qu’elle compte exploiter ou confier à des candidats.
La ferme de Marcoussis est cultivée selon des méthodes dites agroécologiques, qui visent à préserver les sols et la biodiversité sans recourir à des intrants chimiques comme les pesticides ou les engrais de synthèse. L’irrigation, c’est-à-dire l’apport d’eau artificiel pour les cultures, est également absente, ce qui signifie que les plantes dépendent uniquement des précipitations naturelles. Ces pratiques s’inscrivent dans une logique d’agriculture biologique ou durable, où le respect des écosystèmes prime sur la productivité maximale. Pour les nouveaux repreneurs, cette approche représente un défi technique, mais aussi une opportunité de produire des aliments sains tout en limitant l’impact environnemental.
Ce projet agricole porté par A4 répond à deux enjeux distincts mais complémentaires. D’une part, il offre une solution concrète aux personnes exilées en leur proposant une reconversion professionnelle dans un secteur porteur, l’agriculture, tout en leur offrant un cadre de vie stable. D’autre part, il permet de pérenniser une exploitation agricole menacée par le départ à la retraite de ses propriétaires, sans recourir à des méthodes intensives ou polluantes. Cette initiative illustre une forme de *solidarité territoriale*, où des acteurs locaux (ici, une association) s’emparent de ressources (les terres) pour répondre à des besoins sociaux et environnementaux.

