Au sommet de l’OTAN à Ankara, Donald Trump tance toujours ses alliés
Dès son arrivée en Turquie, le président américain s’est plaint du manque de soutien des Européens et a réitéré ses menaces sur le Groenland, tout en courtisant son hôte, le “très fort” Recep Tayyip Erdogan auquel il a promis des avions F-35..
Le sommet de l’OTAN s’est tenu à Ankara, en Turquie, le 7 juillet 2026, réunissant les dirigeants des pays membres de l’Alliance atlantique. Ce sommet est marqué par la présence de Donald Trump, président des États-Unis, et de Recep Tayyip Erdogan, président turc depuis plus de vingt ans. L’OTAN, ou Organisation du traité de l’Atlantique Nord, est une alliance militaire créée en 1949 pour assurer la sécurité collective de ses membres, principalement face à la menace soviétique pendant la Guerre froide. Aujourd’hui, ses missions incluent la lutte contre le terrorisme, la gestion des crises internationales et la défense des démocraties occidentales. La Turquie, membre de l’OTAN depuis 1952, joue un rôle géopolitique clé en raison de sa position à la croisée de l’Europe et du Moyen-Orient. Ce sommet est décrit comme un événement soigneusement préparé pour éviter les tensions, mais l’ambiance reste tendue en raison des déclarations de Donald Trump.
Donald Trump a exprimé son mécontentement envers les alliés européens de l’OTAN, notamment pour leur refus de soutenir les États-Unis dans un conflit avec l’Iran. Il a déclaré aux journalistes : « J’ai été très déçu par l’OTAN », suggérant même qu’il aurait pu boycotter le sommet si celui-ci n’avait pas eu lieu en Turquie. Le Groenland, territoire autonome danois, a également été mentionné par Trump, qui estime que ce territoire devrait être « contrôlé par les États-Unis ». Cette déclaration a provoqué une réponse ferme de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, affirmant que cette idée était « de notoriété publique » mais impossible. Les alliés européens, décrits comme « retenant leur souffle », craignent que les propos imprévisibles de Trump ne perturbent la diplomatie internationale. Malgré ces tensions, Trump a temporairement adouci son ton envers Giorgia Meloni, Première ministre italienne, la qualifiant de « quelqu’un de bien ».
Donald Trump a affiché une relation privilégiée avec Recep Tayyip Erdogan, le qualifiant de « meilleur ami » que certains alliés occidentaux traditionnels. Cette proximité s’est traduite par une décision concrète : la levée des restrictions technologiques imposées à la Turquie depuis 2020 par une loi du Congrès américain. Ces restrictions concernaient notamment l’accès à des technologies sensibles, comme les avions de chasse F-35, dont la Turquie pourrait désormais se doter. Erdogan a évoqué la possibilité d’acquérir cinq de ces avions, malgré les réserves au sein du parti républicain américain. Cette alliance entre Trump et Erdogan, décrite comme une « idylle très commerciale » par certains médias, contraste avec les tensions récurrentes entre les États-Unis et plusieurs pays européens. La Turquie, membre de l’OTAN, joue un rôle clé dans la gestion des crises au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.
Pour apaiser les tensions et répondre aux exigences de Donald Trump, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annoncé plusieurs contrats d’armement visant à renforcer les capacités de défense des pays européens. Ces contrats s’inscrivent dans une stratégie appelée « OTAN 3.0 », proposée par Rutte, qui vise à créer une Europe plus autonome en matière de défense tout en maintenant la cohésion de l’Alliance. L’objectif est de convaincre les États-Unis de ne pas se retirer de l’OTAN, une menace récurrente sous l’administration Trump. Rutte cherche à trouver un équilibre entre l’augmentation des dépenses militaires européennes et le maintien de l’engagement américain. Cette approche reflète les tensions persistantes entre les États-Unis et l’Europe sur la question du partage des responsabilités en matière de sécurité collective.
L’Ukraine, représentée par son président Volodymyr Zelensky, a participé au sommet de l’OTAN dans une position plus favorable qu’en 2025. Ces derniers mois, l’Ukraine a intensifié ses frappes contre les infrastructures logistiques et pétrolières russes, obtenu des milliards d’euros de financements européens et regagné en confiance sur le terrain militaire. Zelensky a appelé les alliés à accélérer leur soutien, notamment en matière de défense aérienne, de production de missiles balistiques et de drones, ainsi que de coopération industrielle dans le domaine de la défense. Il a également réitéré sa demande d’adhésion à l’OTAN, un processus actuellement bloqué par les États-Unis. Zelensky et Trump doivent se rencontrer en tête-à-tête pour discuter de ces enjeux, alors que les États-Unis restent le principal obstacle à l’intégration de l’Ukraine dans l’Alliance.

