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L’utilisation de l’IA par Al-Qaida et l’État islamique : deux approches différentes

The Conversation France · mis à jour il y a 15 j

L’ESSENTIEL Les réseaux djihadistes s’emparent eux aussi de l’intelligence artificielle, notamment pour la propagande, la traduction et la production de contenus. Al-Qaida et l’État islamique mettent en œuvre, dans ce domaine comme dans d’autres, des approches différentes : la première privilégie une stratégie de long terme, tandis que le second recherche davantage des effets rapides et visibles.

IA et groupes djihadistes

L’intelligence artificielle (IA) est de plus en plus utilisée par des groupes djihadistes comme Al-Qaida et l’État islamique pour des activités telles que la propagande, le recrutement, la traduction ou la planification d’attaques. Selon un rapport du Center for Strategic and International Studies publié en juillet 2026, cette technologie ne crée pas de nouvelles formes de terrorisme, mais rend les tactiques existantes moins coûteuses, plus rapides et plus faciles à déployer. Les deux mouvements partagent ces pratiques, mais leurs approches diffèrent profondément, reflétant des cultures organisationnelles distinctes. Al-Qaida privilégie une stratégie de long terme, tandis que l’État islamique mise sur des résultats immédiats et visibles. Ces différences influencent la manière dont ils adoptent et perçoivent l’IA.

Stratégie d'Al-Qaida

Al-Qaida adopte l’IA de manière méthodique et réfléchie, en l’intégrant dans une vision de long terme. Le mouvement, qui mise sur une guerre d’usure générationnelle, considère que la persévérance et la volonté politique peuvent triompher d’un ennemi technologiquement supérieur. En 2023, des médias pro-Al-Qaida ont diffusé des images probablement générées par IA, et en 2024, l’Armée électronique Al-Malahem a publié un guide intitulé « Des façons incroyables d’utiliser l’IA », proposant des conseils pratiques à ses partisans. En 2025, la branche somalienne d’Al-Qaida, Al-Shabaab, a utilisé des outils d’IA pour traduire ses messages en plusieurs langues. En mai 2026, des enquêteurs indiens ont révélé qu’une cellule liée à Al-Qaida dans le sous-continent indien employait un ingénieur utilisant ChatGPT pour des recherches sur les explosifs. La Fondation Anaziat, pro-Al-Qaida, a également publié en 2025 une série d’articles explorant l’impact de l’IA sur la guerre, remettant en question l’idée que la technologie puisse remplacer l’action humaine.

Stratégie de l'État islamique

L’État islamique, en revanche, adopte une approche plus rapide et pragmatique de l’IA, en phase avec sa stratégie de conquête immédiate. Le groupe a longtemps été pionnier en matière d’innovation médiatique, et cette dynamique s’est poursuivie avec l’IA. Dès 2023, des partisans de l’État islamique ont utilisé l’IA générative pour créer de la propagande, comme une vidéo avec un faux présentateur arabophone célébrant l’attentat de mars 2024 près de Moscou, qui a fait plus de 130 morts. En juin 2025, la branche afghane de l’État islamique, l’État islamique du Khorasan (ISIS-K), a publié un numéro de son magazine en anglais, Voice of Khorasan, présentant la maîtrise de l’IA comme un devoir religieux et un outil essentiel pour le djihad défensif. Bien que cette qualification ait été retirée par la suite, le groupe a maintenu ses recommandations pratiques, encourageant ses membres à se former pour ne pas être distancés par leurs adversaires.

Différences culturelles clés

Les deux groupes illustrent des cultures organisationnelles opposées à travers leur utilisation de l’IA. Al-Qaida, avec sa stratégie de guerre longue, aborde la technologie comme un outil parmi d’autres, tout en questionnant son impact sur la nature même de la guerre. Ses publications, comme la série Fiqh al-Harb (2025), explorent des débats philosophiques sur l’IA, la cyberguerre et la supériorité technologique, concluant que l’endurance humaine reste un facteur clé de victoire. À l’inverse, l’État islamique voit l’IA comme un levier immédiat pour renforcer sa propagande, son recrutement et ses opérations, sans se perdre dans des réflexions stratégiques approfondies. Ces différences reflètent leurs visions respectives du temps et de la guerre : patience et endurance pour Al-Qaida, rapidité et visibilité pour l’État islamique.

Ce que ça pourrait changer

L’adoption de l’IA par ces groupes soulève plusieurs enjeux. Pour Al-Qaida, les risques incluent la manipulation par des *deepfakes* (fausses vidéos ou audios ultra-réalistes) et la perte de contrôle sur ses messages, comme en témoignent les débats internes sur l’utilisation de l’IA pour des recherches religieuses. Pour l’État islamique, l’enjeu est de rester compétitif face à des adversaires mieux équipés, tout en évitant les erreurs doctrinales, comme l’a montré le retrait de la qualification religieuse de l’IA par la *Fondation al-Azaim* après des critiques. Les deux mouvements enseignent à leurs partisans comment utiliser ces outils, mais aussi comment s’en protéger, révélant une adaptation constante aux évolutions technologiques.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.