Pierre Poilievre présente ses priorités pour la riposte tarifaire
Il propose notamment d’éliminer la taxe carbone sur des industries comme l'acier, l'aluminium et le pétrole..
Le Canada fait face à une menace tarifaire américaine qui pèse sur son économie. Les États-Unis ont imposé de nouveaux tarifs douaniers sur les importations canadiennes, ce qui pourrait affecter les emplois et la croissance économique du pays. Pour y répondre, Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada (PCC), a demandé l’ouverture d’une session parlementaire afin de préparer une riposte tarifaire. Cette situation s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales internationales, où les barrières douanières peuvent avoir des répercussions majeures sur les échanges et l’industrie. La date de publication de l’article est le 25 août 2026, ce qui situe l’événement dans un futur proche.
Pierre Poilievre a proposé plusieurs mesures pour contrer les effets des tarifs américains. Il suggère notamment d’abolir la taxe carbone industrielle sur des secteurs clés comme l’acier, l’aluminium, les engrais, le béton, le gaz naturel et le pétrole. Cette taxe, introduite pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, est critiquée par certains industriels qui estiment qu’elle alourdit leurs coûts. Poilievre propose également d’éliminer la taxe sur l’essence et le diesel jusqu’au 1er juillet 2027, une mesure visant à réduire le coût de la vie pour les ménages et les entreprises. Il suggère aussi de suspendre l’impôt sur le gain en capital pour les réinvestissements au Canada, afin d’encourager les entreprises à investir localement et à créer des emplois. Enfin, il demande un feu vert immédiat pour 500 projets économiques en attente d’approbation fédérale.
Pierre Poilievre a critiqué deux lois fédérales adoptées en 2019, la loi C-69 (Loi sur l’évaluation d’impact) et la loi C-48 (moratoire sur le transport maritime pétrolier en Colombie-Britannique), qu’il juge comme des freins au développement économique. La loi C-69 modifie la façon dont les grands projets (oléoducs, mines) sont évalués, en intégrant davantage les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires, ainsi que les savoirs autochtones. La loi C-48 interdit quant à elle le passage de grands navires pétroliers le long de la côte nord de la Colombie-Britannique, une mesure perçue comme défavorable à l’industrie pétrolière. Ces lois ont été particulièrement critiquées en Alberta, où elles sont vues comme des obstacles à la croissance du secteur énergétique.
Poilievre a proposé d’abolir la taxe sur les produits et services (TPS) sur les véhicules construits au Canada, une demande liée à la localisation de sa conférence de presse à Windsor, en Ontario, un important centre de production automobile. Cette mesure vise à soutenir l’industrie locale et à rendre les véhicules plus abordables pour les consommateurs. Il a également demandé l’abolition de l’impôt sur le gain en capital pour les réinvestissements au Canada, une incitation fiscale destinée à encourager les entreprises à réinvestir leurs profits dans des projets nationaux plutôt que de les placer à l’étranger. Ces propositions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à stimuler l’investissement privé et à renforcer la compétitivité économique du Canada face aux tarifs américains.
Malgré ses demandes fermes, Pierre Poilievre a adopté un ton coopératif lors de sa conférence de presse, insistant sur l’unité nationale pour faire face aux défis économiques. Il a proposé de travailler avec tous les partis politiques afin de défendre les emplois canadiens et l’abordabilité des biens essentiels. Il a demandé l’ouverture d’une nouvelle session parlementaire dans les 24 à 48 heures, non seulement pour établir un plan économique, mais aussi pour des raisons de transparence. Poilievre exige que l’accord commercial qui a poussé les négociateurs canadiens à quitter la table des discussions soit révélé, afin de comprendre les raisons des changements d’avis du premier ministre. Il souhaite également évaluer le coût réel des mesures proposées par le gouvernement de Mark Carney sur le pouvoir d’achat des familles, des aînés et des travailleurs.
Le gouvernement de Mark Carney a confirmé que le premier ministre et les chefs de l’opposition se sont rencontrés pour souligner l’importance d’une approche unifiée, dite *Équipe Canada*, face aux menaces commerciales de l’administration Trump. Cette réunion montre une volonté de collaboration entre les partis, malgré les divergences politiques. Le gouvernement a également reconnu la nécessité de préparer une riposte tarifaire stratégique, tout en maintenant un dialogue avec l’opposition pour trouver des solutions communes. Cette dynamique illustre l’enjeu de la coordination politique dans la gestion des crises économiques, où l’unité peut renforcer la position du Canada face à ses partenaires internationaux.

