Contrôle URSSAF et droits de la société cotisante
La deuxième chambre civile de la Cour de cassation a rendu 3 arrêts intéressants en matière de contrôle URSSAF le 24 septembre 2026..
Un contrôle URSSAF désigne une vérification menée par l'URSSAF (Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales), un organisme public français chargé de collecter les cotisations sociales des entreprises et des travailleurs indépendants. Ces cotisations financent la protection sociale (sécurité sociale, retraite, allocations familiales, etc.). Le contrôle peut porter sur les déclarations sociales, les bulletins de paie, les cotisations versées ou encore la régularité des déclarations. Il peut être réalisé sur place dans les locaux de l'entreprise ou à distance. L'URSSAF dispose d'un délai de 4 ans à compter de l'année civile au titre de laquelle les cotisations sont dues pour effectuer ce contrôle. Ce délai est appelé délai de prescription.
Lors d'un contrôle URSSAF, la société cotisante (l'entreprise qui verse les cotisations) dispose de plusieurs droits pour garantir la transparence et le respect de la procédure. Tout d'abord, elle peut demander à être informée par écrit des motifs du contrôle et des documents examinés. Ensuite, elle a le droit d'être assistée par un conseiller (avocat, expert-comptable, etc.) pendant le contrôle. La société peut également contester les conclusions du contrôle en formulant des observations écrites ou en faisant un recours gracieux auprès de l'URSSAF dans un délai de 30 jours suivant la réception du rapport de contrôle. Enfin, elle peut saisir la Commission de recours amiable (CRA) ou le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) en cas de désaccord persistant.
Le contrôle URSSAF se déroule généralement en plusieurs étapes. D'abord, l'URSSAF notifie à la société cotisante le début du contrôle par courrier, en précisant les périodes concernées et les documents à fournir. Ensuite, un agent de l'URSSAF peut se rendre sur place pour examiner les documents ou effectuer des entretiens avec les salariés ou les dirigeants. L'entreprise doit conserver tous les documents justificatifs (bulletins de paie, contrats de travail, déclarations sociales, etc.) pendant 5 ans à compter de leur établissement. Après le contrôle, l'URSSAF envoie un rapport de contrôle à la société, qui peut contenir des observations ou des redressements (sommes à payer en cas d'erreur ou d'omission). La société dispose alors d'un délai pour répondre ou contester.
Si l'URSSAF identifie des anomalies ou des omissions dans les déclarations sociales, elle peut procéder à un redressement, c'est-à-dire réclamer le paiement de cotisations supplémentaires, majorées de pénalités. Les pénalités peuvent atteindre 10 % du montant redressé en cas de bonne foi de l'entreprise, et jusqu'à 40 % en cas de manquement délibéré. En cas de désaccord avec le redressement, la société peut contester dans un délai de 30 jours en formulant des observations écrites. Si le désaccord persiste, elle peut saisir la Commission de recours amiable (CRA) ou le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS). Le recours devant le TASS suspend le paiement des sommes réclamées jusqu'à la décision finale.
Pour éviter les redressements et faciliter un contrôle URSSAF, une entreprise peut adopter plusieurs bonnes pratiques. Il est recommandé de vérifier régulièrement la conformité des bulletins de paie, des déclarations sociales (DSN) et des cotisations versées. Une tenue à jour des registres du personnel et des contrats de travail est également essentielle. En cas de doute sur une situation particulière (temps partiel, primes, avantages en nature, etc.), il est conseillé de consulter un expert-comptable ou un avocat spécialisé. Enfin, en cas de contrôle, l'entreprise doit coopérer pleinement avec l'agent de l'URSSAF tout en veillant à préserver ses droits, notamment en demandant systématiquement un écrit pour toute communication ou demande de documents.

