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Géopolitique

À Medellín, seulement 5 homicides en septembre

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

La deuxième ville de Colombie, longtemps considérée comme l’un des endroits les plus dangereux au monde, a enregistré seulement 5 homicides en septembre. Politique sécuritaire mais aussi programmes sociaux pourraient expliquer cette baisse spectaculaire de la criminalité..

Record historique à Medellín

La ville de Medellín, en Colombie, a enregistré en septembre 2023 seulement cinq homicides, soit le chiffre le plus bas depuis 50 ans. Ce résultat marque un tournant pour une ville qui a longtemps été associée à la drogue et à la violence extrême entre les années 1970 et 2000. Pour donner une idée de l’ampleur de cette baisse, le nombre d’homicides en septembre 2023 est inférieur de 22 par rapport à septembre 2022. Si cette tendance se poursuit, Medellín pourrait atteindre un taux d’homicides de 9,24 pour 100 000 habitants d’ici la fin de l’année 2023. Ce chiffre serait alors inférieur à ceux enregistrés en 2022 dans d’autres grandes villes comme Bogotá (14 homicides pour 100 000 habitants), Philadelphie (14,1) ou Chicago (14,6).

Politique sécuritaire du maire

Le maire de Medellín, Federico Gutiérrez, attribue cette baisse des homicides à une politique sécuritaire basée sur la fermeté. Cette approche repose sur une coordination renforcée entre la police, le parquet (institution judiciaire chargée de poursuivre les infractions) et l’armée. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de la ligne politique du président colombien Abelardo de la Espriella, connu pour ses positions d’extrême droite. Cependant, la réduction des violences ne peut être attribuée uniquement à cette politique, car d’autres facteurs structurels ont également joué un rôle clé dans cette amélioration.

Investissements sociaux clés

Parmi les facteurs non liés à la politique sécuritaire, les investissements sociaux dans les quartiers les plus marginalisés de Medellín ont contribué à cette baisse. Ces quartiers, souvent isolés et construits sur les flancs des collines de la ville, étaient historiquement des zones de recrutement pour les gangs et les réseaux criminels. Des infrastructures comme les téléphériques et les escaliers mécaniques ont permis de mieux connecter ces quartiers à la ville, facilitant l’accès à l’emploi formel et réduisant ainsi l’attrait du crime organisé. Ces aménagements visent à briser l’isolement géographique et social, un facteur majeur de la violence dans ces zones.

Programmes pour la jeunesse

Deux programmes sociaux ont également joué un rôle important dans cette dynamique. Le premier, lancé en 2013, cible la petite enfance et vise à offrir un environnement stable et sécurisé aux enfants des quartiers défavorisés. Le second, mis en place à partir de 2018, s’adresse aux jeunes et propose des thérapies cognitives et comportementales pour les aider à gérer la violence et éviter de tomber dans la criminalité. Ces initiatives cherchent à rompre le cycle de la violence en intervenant tôt dans la vie des habitants et en offrant des alternatives à l’engagement dans des gangs.

Ce que ça pourrait changer

Malgré ces avancées, une explication moins optimiste est évoquée par le journal *El País* : les gangs pourraient avoir conclu une trêve temporaire. Cette hypothèse suggère que la baisse des homicides ne reflète pas nécessairement une transformation durable des structures criminelles, mais plutôt un accord ponctuel entre groupes rivaux. Si cette trêve venait à prendre fin, la violence pourrait réapparaître, mettant en lumière la fragilité des progrès réalisés. Cette nuance rappelle que la situation reste précaire et dépend de multiples facteurs, dont certains échappent au contrôle des autorités locales.

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