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GÉOPOLITIQUE

À Medellín, seulement 5 homicides en septembre, chiffre le plus bas depuis 50 ans

Source unique·il y a 5 j

Medellín, longtemps symbole mondial de la violence urbaine, enregistre un recul historique de sa criminalité avec seulement cinq homicides en septembre 2023. Cette performance, inédite depuis un demi-siècle, interroge sur la durabilité d’un modèle où les politiques répressives se combinent à des transformations sociales structurelles. Au-delà des chiffres, c’est la capacité d’une ville à se réinventer qui est ici en jeu, entre héritages du passé et innovations urbaines.

Quels facteurs expliquent cette baisse exceptionnelle des homicides à Medellín ?

La diminution des homicides s’explique par une combinaison de mesures : d’une part, des investissements sociaux ciblés dans les quartiers marginalisés, où les gangs recrutent traditionnellement, et d’autre part, des infrastructures urbaines comme les téléphériques ou les escaliers mécaniques qui ont réduit l’isolement des zones pauvres. À cela s’ajoutent des programmes dédiés, comme celui lancé en 2013 pour la petite enfance ou les thérapies cognitives et comportementales pour les jeunes depuis 2018. Cependant, une trêve temporaire entre gangs ne peut être exclue comme explication complémentaire.

Quel rôle jouent les politiques sécuritaires dans cette évolution ?

Le maire de Medellín, Federico Gutiérrez, met en avant une approche sécuritaire fondée sur la coordination entre police, parquet et armée, alignée sur les orientations du procureur général Abelardo de la Espriella. Si cette stratégie contribue à la baisse des homicides, l’article souligne qu’elle n’en est pas l’unique facteur, les transformations sociales et urbaines jouant un rôle tout aussi déterminant.

Comment se situe Medellín par rapport à d’autres grandes villes en matière de criminalité ?

Avec un taux potentiel de 9,24 homicides pour 100 000 habitants en 2023, Medellín pourrait désormais afficher des chiffres inférieurs à ceux de Bogotá (14), Philadelphie (14,1) ou Chicago (14,6). Cette performance marque un revirement spectaculaire pour une ville qui fut longtemps considérée comme la plus violente au monde.

Quelles zones d’ombre persistent malgré ces résultats encourageants ?

L’article ne précise pas si la baisse des homicides est durable ou si elle résulte d’un phénomène conjoncturel, comme une trêve entre gangs. Par ailleurs, les mécanismes exacts de coordination entre les acteurs sécuritaires et sociaux ne sont pas détaillés, laissant planer des incertitudes sur la reproductibilité de ce modèle ailleurs.

Ce que ça pourrait changer

Cette tendance pourrait inspirer d’autres métropoles confrontées à la violence urbaine, à condition de concilier répression et investissements sociaux. Cependant, la fragilité des équilibres locaux et la dépendance à des facteurs externes comme les trêves entre groupes armés rappellent que les progrès sociaux restent précaires. Medellín pourrait ainsi devenir un laboratoire des politiques de réconciliation urbaine, mais son modèle devra prouver sa résilience sur le long terme.

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