Demain, une IRM cardiaque plus rapide, précise, confortable et en couleurs pour mieux visualiser les cicatrices du cœur
L’ESSENTIEL L’IRM cardiaque est outil d’imagerie médicale incontournable pour la prise en charge des infarctus aigus du myocarde. Mais elle n’est pas toujours confortable pour les patients et son utilisation est complexe pour les radiologues et les cardiologues.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) cardiaque est un examen médical essentiel pour diagnostiquer les problèmes du cœur, comme les infarctus (crises cardiaques). Contrairement au scanner, elle n’expose pas le patient aux radiations et permet d’obtenir des images détaillées du muscle cardiaque. Cependant, cet examen présente plusieurs limites : il nécessite généralement 40 à 60 minutes de temps dans la machine, avec environ 60 apnées (blocages de la respiration) pour éviter les flous liés aux mouvements respiratoires. Ces contraintes rendent l’examen difficile pour certains patients, notamment les personnes âgées ou celles souffrant de difficultés respiratoires. De plus, l’analyse des images est complexe et chronophage pour les radiologues et cardiologues, car elle se fait manuellement, coupe par coupe, sur des images souvent en noir et blanc. En France, les délais d’attente pour une IRM cardiaque peuvent atteindre 4 à 6 mois, en raison de sa complexité et de sa disponibilité limitée à quelques centres spécialisés.
L’IRM cardiaque actuelle utilise principalement deux types de séquences pour évaluer un infarctus : l’imagerie en sang blanc et la cartographie T2. La première permet de visualiser les cicatrices (zones de tissu cardiaque endommagé) en injectant un produit de contraste qui reste piégé dans ces zones, les rendant visibles en blanc sur un fond gris clair. Cependant, cette méthode souffre d’un manque de contraste entre le sang et la cicatrice, ce qui peut entraîner une sous- ou surestimation de la taille de la cicatrice, surtout si elle est proche d’un vaisseau sanguin. La cartographie T2, quant à elle, mesure l’inflammation du muscle cardiaque en attribuant une valeur en millisecondes à chaque pixel. Elle peut aussi afficher ces données en couleurs pour repérer rapidement les zones inflammées. Ces deux techniques sont nécessaires pour un diagnostic complet, mais leur utilisation séparée allonge la durée de l’examen et complique l’analyse pour les médecins.
Une équipe de chercheurs a développé une nouvelle technique appelée SPOT (Scar-specific imaging with Preserved myOcardium visualizaTion), qui combine en une seule séquence les avantages de l’imagerie en sang blanc et en sang noir. Cette dernière affiche uniquement les cicatrices sur un fond noir, éliminant toute ambiguïté sur leur présence. La technique SPOT permet ainsi de visualiser clairement les cicatrices dans leur contexte anatomique, sans risque de confusion avec le sang. Une version améliorée, SPOT-MAPPING, intègre en plus la cartographie T2, offrant en un seul examen une visualisation en 3D des cicatrices, de l’anatomie du cœur et des zones inflammées. Cette innovation réduit considérablement le temps passé dans l’IRM (moins d’apnées nécessaires) et simplifie le travail des manipulateurs radio et des radiologues, qui n’ont plus à analyser plusieurs séquences distinctes. La technique est déjà utilisée dans des hôpitaux à Bordeaux (France) et Vienne (Autriche).
L’intelligence artificielle (IA) pourrait révolutionner l’analyse des images cardiaques en automatisant des tâches répétitives et complexes. Actuellement, les radiologues doivent manuellement segmenter (délimiter) les zones du cœur, identifier les cicatrices et les inflammations, et détecter des anomalies comme les muscles papillaires infarcis. Une IA entraînée pourrait accomplir ces tâches avec une précision proche de celle d’un professionnel, tout en réduisant le temps d’analyse. L’objectif n’est pas de remplacer les médecins, mais de les assister en leur permettant de se concentrer sur l’interprétation des résultats plutôt que sur leur extraction. L’IA pourrait ainsi améliorer la reproductibilité des diagnostics et réduire les erreurs humaines, bien que son utilisation doive toujours être supervisée par un expert pour corriger d’éventuelles erreurs.
Les maladies cardiovasculaires, dont les infarctus, sont la **première cause de mortalité mondiale**, responsables de **19,8 millions de décès en 2022** (32 % de tous les décès). En France, elles tuent **73 000 personnes par an**, dont 200 femmes chaque jour, faisant d’elles la première cause de mortalité chez la femme. L’amélioration des techniques d’IRM cardiaque, comme SPOT et SPOT-MAPPING, pourrait avoir un impact majeur sur la prise en charge des patients. En réduisant la durée des examens, le nombre d’apnées et la complexité de l’analyse, ces innovations pourraient diminuer les délais d’attente (actuellement de **4 à 6 mois** en France) et rendre l’IRM cardiaque accessible à un plus grand nombre de patients. Elles permettraient aussi une détection plus précoce et plus précise des cicatrices et des inflammations, améliorant ainsi la planification des traitements et le suivi médical.

