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Géopolitique

Le sommet de l’OTAN s’ouvre à Ankara. Quels sont les points à suivre ?

Le Grand Continent · mis à jour 7 juil.

Le sommet annuel de l'OTAN, qui réunira les chefs d'État et de gouvernement des 32 États membres, s'ouvre aujourd'hui, 7 juillet, à Ankara. Avec des discussions qui se concentreront principalement sur la hausse des dépenses de défense, et en s'appuyant sur la proximité d'Erdoğan avec le président américain, les alliés ont un objectif principal : éviter un affrontement direct avec Donald Trump.

Sommet OTAN à Ankara

Le sommet annuel de l’OTAN se tient aujourd’hui, 7 juillet 2026, à Ankara, la capitale de la Turquie. Cette réunion rassemble les chefs d’État et de gouvernement des 32 pays membres de l’alliance. L’événement est marqué par un contexte politique tendu, notamment en raison des tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens. L’objectif principal des discussions est d’éviter un conflit direct avec le président américain Donald Trump, dont les positions critiques envers l’OTAN sont connues. Le sommet s’ouvre alors que Trump a récemment qualifié le soutien américain à l’OTAN de « ridicule » et « à sens unique », reprochant aux Européens de ne pas avoir soutenu les États-Unis lors des frappes contre l’Iran. Avant son arrivée, il a publié une photo avec la présidente italienne, accompagnée d’une légende moqueuse, et annoncé une réduction des troupes américaines en Europe, une décision perçue comme un moyen de pression politique.

Article 5 renforcé

Le document final du sommet, déjà approuvé par les ambassadeurs des 32 pays membres, commence par une déclaration solennelle : les dirigeants réaffirment leur « engagement inébranlable » envers l’article 5 du traité de Washington. Cet article est le fondement de l’OTAN : il stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. En plaçant cette phrase en ouverture du communiqué, les Alliés cherchent à obtenir une validation publique de Donald Trump. Cette stratégie vise à rassurer les membres de l’OTAN sur la solidarité américaine, alors que Trump a multiplié les critiques envers l’alliance. En 2026, les tensions entre les États-Unis et l’Europe sont particulièrement vives, notamment sur les questions de défense et de soutien à l’Ukraine.

Dépenses de défense

Les discussions du sommet se concentrent sur la hausse des dépenses de défense des pays membres. L’OTAN a fixé un nouvel objectif pour 2035 : consacrer 5 % du PIB à la défense, dont 3,5 % pour les dépenses militaires et 1,5 % pour les infrastructures. En 2025, tous les pays membres avaient déjà atteint l’objectif précédent de 2 %. En 2026, la Pologne est le pays le plus dépensier, avec 4,3 % de son PIB consacré à la défense, suivie par les États baltes et nordiques (entre 3 % et 4 %). Les États-Unis consacrent 3,2 % de leur PIB à la défense. L’objectif est de soutenir l’industrie de défense américaine, dont les achats européens créent environ 195 000 emplois aux États-Unis. Cette stratégie vise à obtenir le soutien de Trump, qui critique régulièrement le manque d’investissement des Européens.

Aide à l'Ukraine

Les Alliés devraient confirmer une aide militaire de 70 milliards d’euros pour l’Ukraine en 2026, avec un engagement similaire pour 2027. Les discussions porteront sur les livraisons de systèmes de défense aérienne, de munitions d’artillerie de 155 mm et sur le financement de l’industrie de défense ukrainienne. Donald Trump a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet, puis doit discuter avec le président russe Vladimir Poutine. Trump a récemment déclaré que l’Ukraine « s’en sort très bien » avec sa campagne de drones à longue portée et a évoqué une possible fin proche de la guerre. Ces déclarations contrastent avec les critiques passées de Trump envers l’aide américaine à l’Ukraine.

Ce que ça pourrait changer

Le sommet confirme le rôle central de la Turquie au sein de l’OTAN. Avec environ 355 000 militaires d’active, la Turquie possède la deuxième armée de l’alliance. Elle contrôle les détroits du Bosphore et des Dardanelles, et entretient des relations à la fois avec l’Ukraine et la Russie. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cherche à sortir son pays de son isolement dans l’industrie de défense américaine et européenne. Il réclame notamment la levée des restrictions à l’exportation imposées après l’acquisition des systèmes de défense russes S-400 et les opérations turques en Syrie. Trump a annoncé qu’il viendrait à Ankara avec un « cadeau » pour Erdoğan, probablement l’autorisation de vente des avions de chasse américains F-35.

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