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Droit

Ubérisation : en Chine, de nouveaux droits sociaux pour des dizaines de millions de travailleurs

L'Humanité : Droit du travail · mis à jour il y a 5 j

Annoncées en avril dernier, les mesures seront mises en place début novembre par le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale. Elles vont permettre à des dizaines de millions de travailleurs des plateformes d’obtenir des droits réels, à commencer par un contrat de travail..

Nouveaux droits en Chine

La Chine annonce des mesures sociales majeures pour les travailleurs des plateformes numériques, comme les livreurs ou les chauffeurs de VTC. Ces règles, dévoilées en avril 2026 et applicables dès novembre 2026, visent à protéger des dizaines de millions de personnes employées par des entreprises comme Uber ou Meituan. Jusqu’ici, ces travailleurs étaient souvent considérés comme des indépendants, sans contrat ni protection sociale. Désormais, le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale impose aux plateformes de reconnaître officiellement leur statut de salarié, avec un contrat de travail écrit. Cette reconnaissance permet d’accéder à des droits fondamentaux, comme un salaire minimum, des majorations pour les jours fériés ou un temps de repos obligatoire. L’objectif est de corriger les inégalités liées à l’ubérisation, un modèle économique où les travailleurs sont gérés par des applications sans bénéficier des protections traditionnelles du salariat.

Contrat et salaire garanti

Parmi les droits concrets introduits, les travailleurs des plateformes chinoises doivent désormais signer un contrat de travail formel avec leur employeur numérique. Ce document précise les conditions de rémunération, incluant un salaire minimum légal, dont le montant exact n’est pas détaillé dans l’article. Les plateformes doivent également verser une majoration de salaire pour les heures travaillées les jours fériés, une pratique rare dans le modèle ubérisé où les indépendants ne bénéficient pas de ces avantages. Par ailleurs, le texte impose un « repos approprié », c’est-à-dire des périodes de pause obligatoires pour éviter l’épuisement des travailleurs. Ces mesures s’appliquent à tous les employés des plateformes qui « recrutent, organisent et encadrent » leurs activités, comme les livreurs de repas ou les chauffeurs de voiture. Le ministère chinois justifie cette réforme par la nécessité de protéger une catégorie de travailleurs souvent précaires et sous-payés.

Portée et acteurs concernés

Les nouvelles règles chinoises touchent potentiellement des dizaines de millions de travailleurs, un chiffre qui reflète l’ampleur du secteur des plateformes dans le pays. En Chine, des entreprises comme Meituan (livraison de repas) ou Didi (VTC) emploient des millions de personnes, souvent sans protection sociale. Le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale joue un rôle central dans cette réforme, en édictant les règles et en veillant à leur application. Les plateformes numériques, quant à elles, devront adapter leurs pratiques pour se conformer à la loi, sous peine de sanctions. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large du gouvernement chinois de réguler le secteur numérique, tout en maintenant un équilibre entre protection sociale et dynamisme économique. Les détails pratiques, comme les montants exacts des majorations ou les modalités de contrôle, ne sont pas précisés dans l’article.

Ce que ça pourrait changer

Cette réforme intervient dans un contexte où le modèle de l’*ubérisation* est de plus en plus critiqué pour ses effets sur les travailleurs. En Chine, comme ailleurs, les plateformes numériques ont longtemps exploité une zone grise juridique pour éviter de payer des cotisations sociales ou de respecter les droits du travail. Les travailleurs, souvent perçus comme des indépendants, n’avaient aucun recours en cas d’accident, de licenciement abusif ou de salaire non versé. La Chine, qui compte parmi les plus grandes économies numériques au monde, cherche ainsi à encadrer ce secteur tout en évitant de freiner son innovation. Cette mesure pourrait inspirer d’autres pays confrontés aux mêmes défis, notamment en Europe où la question des droits des travailleurs des plateformes fait débat.

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