En Argentine, la richesse s’étale comme une contre-culture
LES ULTRARICHES, UN MONDE À PART (3/6) – Au pays de Javier Milei, la nouvelle élite affiche sans complexe sa fortune et ses petits problèmes, raconte le site “ElDiarioAR”. Une tendance troublante dans une Argentine qui faisait figure d’anomalie en Amérique du Sud..
En Argentine, l’affichage ostentatoire de la richesse est devenu une forme de contre-culture parmi les classes aisées. Cette tendance contraste avec une ancienne critique, popularisée dans les années 1990 par Carlos Alberto « el Indio » Solari, chanteur emblématique du rock argentin, qui qualifiait le luxe de vulgaire. Aujourd’hui, les riches Argentins exhibent ouvertement leurs possessions, comme des montres de luxe (Rolex), des voitures de sport (Ferrari) ou des avions privés, transformant l’ostentation en un signe d’appartenance à une élite moderne. Cette évolution s’observe dans plusieurs domaines, notamment l’automobile, où les immatriculations de véhicules haut de gamme ont augmenté de 91 % entre 2019 et 2025. Les marques comme Mercedes-Benz, Audi, BMW et Volvo enregistrent une forte croissance, tandis que les ventes de Ferrari se rapprochent des niveaux des années 1990.
Les centres commerciaux de Buenos Aires, capitale de l’Argentine, voient désormais s’installer des enseignes de luxe internationales comme Dolce & Gabbana. Cette arrivée reflète une demande croissante pour des produits haut de gamme parmi les consommateurs argentins aisés. Parallèlement, le marché des vols privés connaît un essor remarquable. À l’aéroport de Cordoba, un record historique a été enregistré lors de la finale du tournoi d’ouverture 2026 du championnat argentin de football entre River Plate (club de Buenos Aires) et Belgrano (club de Cordoba). Cette affluence de jets privés illustre l’engouement pour le luxe et l’ostentation, même dans des événements sportifs populaires. Ces phénomènes montrent une normalisation de l’étalage de richesse dans la société argentine contemporaine.
Un exemple de cette tendance est donné par l’émission de radio argentine *Vuelta y Media*, diffusée sur *Urbana Play*, où une anecdote illustre les tensions liées à l’achat de cadeaux de luxe. Une femme nommée *Carol* raconte que son mari lui a offert une *Honda HR-V* gris métallisé, une voiture haut de gamme, mais sans tenir compte de ses préférences. Elle exprime son mécontentement en déclarant : *« La voiture que mon mari m’a achetée ne me plaît pas. Il m’a offert une Honda HR-V gris métallique alors que j’aurais préféré n’importe quelle autre couleur. Il ne m’écoute pas. Il ne m’aime pas. »* Cette citation, tirée de l’émission *Problemas de Millonarios*, met en lumière les dynamiques sociales et les attentes autour du luxe en Argentine, où l’argent ne suffit pas toujours à satisfaire les désirs personnels.

