Économie russe : une entreprise du pays sur trois est déficitaire
Le nombre de secteurs d’activité non rentables a été multiplié par 4 en un an L’article Économie russe : une entreprise du pays sur trois est déficitaire est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En Russie, sur les 79 secteurs d’activité analysés entre janvier et juillet 2026, 11 ont enregistré des pertes financières, selon les données de Rosstat (l’office statistique russe). Parmi les plus touchés, la métallurgie affiche un déficit de 269 milliards de roubles (2,8 milliards d’euros) pour les grandes et moyennes entreprises, suivie par les secteurs de la finance et des assurances (-247 milliards de roubles) et de l’extraction de charbon (-178 milliards de roubles). Ces pertes contribuent à une baisse globale des bénéfices du secteur privé russe, qui s’élèvent à 13 000 milliards de roubles (136 milliards d’euros) sur la période, soit 16 % de moins qu’en 2025. Cette situation reflète une dégradation de la santé économique des entreprises, avec 22 000 entreprises en perte nette et une part record de 33,4 % d’entreprises déficitaires, en hausse de 2,8 points par rapport à 2025.
Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés financières. D’abord, le taux directeur de la Banque centrale russe, bien qu’abaissé à 14 % en juillet 2026 (contre un pic à 21 % entre octobre 2024 et juin 2025), reste élevé pour les entreprises. Beaucoup se voient imposer des taux d’emprunt supérieurs à 20 %, ce qui alourdit leurs charges financières. Ensuite, la hausse des coûts est aggravée par une augmentation de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), passée de 20 % à 22 % en janvier 2026 pour financer l’effort de guerre en Ukraine. Enfin, la faible demande intérieure limite la capacité des entreprises à répercuter ces hausses sur les prix, réduisant leurs marges. Selon un sondage de la banque russe PSB en juin 2026, 22 % des entreprises déclarent adopter une stratégie de survie, illustrant l’ampleur des tensions économiques.
Tous les secteurs ne subissent pas ces difficultés. Par exemple, les entreprises d’**extraction de pétrole et de gaz** ont vu leurs bénéfices progresser de 51 % sur la période, grâce à la hausse du prix du baril liée au blocage du **détroit d’Ormuz** (une voie maritime stratégique). Les **industries pharmaceutiques** (+34 %) et celles liées aux **commandes de défense** (soutien à l’effort de guerre) bénéficient aussi d’une demande soutenue. Cependant, les entreprises pétrolières font face à des défis logistiques : les **frappes ukrainiennes** imposent des suspensions d’activité prolongées et des opérations de maintenance fréquentes, perturbant leur production. Pour compenser, le gouvernement russe a versé en septembre 2026 une subvention record de 305 milliards de roubles (3,2 milliards d’euros) aux compagnies pétrolières, afin d’assurer l’approvisionnement du marché intérieur en carburant.

