Giorgia Meloni a choisi de soutenir Kiev contre Trump
Nous traduisons et commentons le discours prononcé par la présidente du Conseil au Sénat L’article Giorgia Meloni a choisi de soutenir Kiev contre Trump est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L’Italie, dirigée par Giorgia Meloni, fait face à plusieurs défis majeurs qui influencent directement la vie des citoyens européens. La guerre en Ukraine se poursuit, avec des attaques croissantes contre les infrastructures civiles comme les centrales électriques ou les hôpitaux, visant à affaiblir la population. Au Moyen-Orient, l’instabilité a des répercussions mondiales, notamment sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement. La concurrence économique s’intensifie, avec des tensions géopolitiques qui menacent la sécurité des approvisionnements et la compétitivité des entreprises européennes. Ces crises soulignent l’importance pour l’Europe de jouer un rôle actif sur la scène internationale plutôt que de subir les événements. Meloni insiste sur la nécessité pour l’Italie et l’Union européenne de défendre leurs intérêts en influençant les décisions globales, plutôt qu’en les subissant.
L’Italie met en avant trois priorités pour renforcer la compétitivité de son économie : l’énergie, la simplification administrative et le commerce international. Le coût de l’énergie est identifié comme un frein majeur pour les entreprises, qui doivent payer des prix bien plus élevés que leurs concurrents mondiaux. Le système ETS (Système d’échange de quotas d’émission de CO₂) en Europe, où les entreprises achètent des quotas pour chaque tonne de CO₂ émise, est critiqué car son prix est fixé par le marché financier et non par des critères environnementaux. Cela alourdit les coûts de production pour des secteurs comme la sidérurgie ou la céramique, se répercutant sur les prix des biens de consommation. Meloni propose de corriger ce système et de reporter l’entrée en vigueur de l’ETS2, prévu pour 2028, qui imposerait de nouveaux coûts aux ménages et aux entreprises.
Le prix de l’électricité en Europe est déterminé par le système du prix marginal, où la dernière centrale appelée à produire, souvent une centrale au gaz soumise au système ETS, fixe le prix global. Ainsi, le coût du CO₂ se répercute sur toute l’électricité, y compris celle produite à partir de sources renouvelables. L’Italie, dont le mix énergétique dépend encore à 40 % du gaz, est particulièrement touchée par cette situation. Pour atténuer cet impact, Meloni a proposé des mesures temporaires, comme le décret « Bollette », visant à réduire le poids du coût du gaz sur le prix final de l’électricité. Ces mesures ont été intégrées dans les conclusions du Conseil européen de mars 2026 et font actuellement l’objet de discussions techniques avec la Commission européenne.
Meloni souligne que certaines règles européennes, conçues dans un contexte différent, aggravent les crises actuelles. Par exemple, un nouveau règlement sur le méthane, prévoyant des obligations strictes pour les importateurs, risquerait de réduire l’offre disponible et d’augmenter les prix. L’Italie a demandé une suspension temporaire de ces obligations, une demande qui a finalement abouti à un report d’un an de l’entrée en vigueur du règlement par la Commission européenne. L’Italie défend le principe selon lequel une règle doit être ajustée si elle produit des effets contraires à ses objectifs initiaux. Un autre exemple est l’utilisation de la clause de sauvegarde nationale, qui permet aux États membres d’utiliser la flexibilité budgétaire prévue pour la défense et la sécurité afin de faire face à la crise énergétique.
L’Europe dépend à 90 % des importations pour des matières premières critiques comme le lithium, le cobalt, le graphite ou les terres rares, essentielles pour la transition énergétique, le numérique et la défense. Aujourd’hui, ces ressources proviennent souvent d’un seul pays, créant une nouvelle forme de dépendance. Pour y remédier, l’Italie s’est portée candidate pour accueillir à Porto Marghera (Venise) l’un des premiers sites européens de stockage stratégique de ces matières. Ce projet pourrait servir de modèle pour sécuriser l’approvisionnement de l’UE et réduire les risques géopolitiques liés à ces ressources.
L’Italie soutient activement l’Ukraine, tant sur le plan militaire que humanitaire, en fournissant une aide à la population civile et en maintenant une pression sur la Russie. Meloni rejette l’idée d’une paix obtenue par la capitulation de l’Ukraine, la qualifiant de « conquête » et non de paix. Elle rappelle que la Russie n’a gagné que très peu de terrain depuis le début de l’année 2026 et a perdu une grande partie de ses gains en septembre. Selon elle, un cessez-le-feu concernant les centrales électriques est une piste sérieuse, mais la Russie doit cesser ses attaques contre ces infrastructures. Meloni critique également une décision récente des États-Unis, annoncée par Donald Trump, autorisant l’importation de gazole russe, estimant que cela légitime Moscou et affaiblit les sanctions occidentales.
Meloni met en avant la nécessité d’une réponse coordonnée et rapide de l’Europe face aux crises. Elle cite l’exemple d’un accord au sein du *G7* pour mettre sur le marché une quantité importante de carburant, afin d’éviter un blocage des exportations américaines qui aurait des répercussions économiques majeures. L’Italie collabore avec d’autres pays comme l’Allemagne et la Belgique pour proposer des mesures visant à faciliter les investissements, simplifier les règles et réduire les coûts énergétiques. Ces initiatives visent à renforcer la compétitivité européenne et à protéger les citoyens des crises économiques et géopolitiques. Meloni insiste sur l’importance de l’unité euro-atlantique pour faire face à ces défis.

