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Géopolitique

Urumqi, l’oasis chinoise menacée par une inexorable pénurie d’eau

Courrier International · mis à jour il y a 11 h

Urumqi, la principale ville des vastes territoires arides de l’ouest de la Chine, subit un manque structurel d’eau. Avec la fonte des glaciers alentour, la pénurie guette ses 4 millions d’habitants.

Urumqi, ville aride

Urumqi est la capitale de la région autonome du Xinjiang, située dans l’ouest de la Chine. Avec plus de 4 millions d’habitants, c’est la plus grande ville d’Asie centrale et la métropole la plus éloignée de la mer au monde, à environ 2 250 kilomètres des côtes. Cette ville subit des conditions climatiques extrêmes : elle ne reçoit en moyenne que 200 millimètres de précipitations par an, un niveau très faible comparé à d’autres régions. Pour donner une idée, Paris reçoit environ 650 millimètres de pluie annuellement. À Urumqi, l’évaporation est particulièrement élevée, atteignant 2 015 millimètres par an, ce qui signifie que l’eau s’évapore presque 10 fois plus vite qu’elle ne tombe. Ces chiffres illustrent un climat aride, où l’eau est une ressource rare et précieuse.

Pénurie d'eau structurelle

Urumqi fait face à une pénurie d’eau structurelle, c’est-à-dire un manque chronique et durable d’eau, qui ne dépend pas d’un événement ponctuel comme une sécheresse. La ville dispose de seulement 281 mètres cubes d’eau douce par habitant et par an, contre 2 200 mètres cubes en moyenne en Chine. Cela représente un huitième de la moyenne nationale. Cette situation est aggravée par la fonte des glaciers environnants, qui contribuent traditionnellement à alimenter les réserves d’eau locales. Avec le réchauffement climatique, ces glaciers diminuent, réduisant encore les ressources disponibles. Aucun plan viable n’a encore été trouvé pour résoudre ce problème, malgré son urgence.

Disparition d'une rivière

La rivière Urumqi, qui a donné son nom à la ville, n’est plus visible aujourd’hui. Son ancien lit se trouve sous une avenue principale de la ville, nommée Hetan dadao (« avenue de la Plage de la Rivière »). Pour répondre aux besoins en eau, la municipalité a détourné le cours de la rivière vers un réservoir situé en périphérie, le réservoir d’Urabo. Ce réservoir fournit actuellement près de la moitié de l’eau potable consommée par les habitants. Cette solution, bien que temporaire, montre à quel point la ville dépend de ressources extérieures pour son approvisionnement en eau.

Ce que ça pourrait changer

Avec une population de plus de 4 millions d’habitants, Urumqi doit gérer une demande en eau croissante dans un contexte de raréfaction des ressources. La ville illustre un paradoxe : elle est une oasis dans une région désertique, mais cette oasis est menacée par l’épuisement progressif de ses sources d’eau. Les autorités locales tentent de trouver des solutions, mais aucune n’est encore considérée comme viable à long terme. La situation met en lumière les défis posés par le changement climatique et la gestion des ressources naturelles dans les zones arides, où l’eau est un enjeu vital pour la survie des populations.

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