Test de Castlevania: Belmont’s Curse, ou quand la France ressuscite un mythe d’outre-tombe avec brio
Quoi de mieux qu'une bonne cure de jouvence pour fêter ses 40 ans ? À la surprise générale ou presque, Konami s'est récemment rappelé qu'une de ses franchises cultes allait franchir ce cap symbolique et qu'il aurait été de bon ton de l'accompagner de son tout premier volet inédit depuis 12 ans (pour ne pas dire 18 si on parle d'un épisode en 2D à l'ancienne). Avec Belmont's Curse, la lignée de Castlevania a été confiée à un studio français talentueux, spécialiste du rogue-lite mais de toute évidence candidat idéal pour ce retour sous les projecteurs..
Konami célèbre les 40 ans de sa franchise Castlevania avec un nouvel épisode, Belmont’s Curse, développé par le studio français Evil Empire. Ce titre marque le premier jeu inédit de la série en 12 ans, et en 2D depuis 18 ans. Situé à Paris en 1499, il introduit une nouvelle héroïne, Rose Belmont, dernière descendante de la lignée des Belmont, chasseurs de vampires emblématiques de la série. Contrairement à ses ancêtres, Rose utilise un grappin plutôt qu’un fouet, une innovation dans la mécanique de jeu. Le jeu est disponible sur Nintendo Switch première du nom, un choix inhabituel pour Konami, qui mise sur cette console pour son public familial.
Evil Empire, connu pour ses travaux sur Dead Cells et The Rogue Prince of Persia, a conçu Belmont’s Curse comme un metroidvania, un sous-genre de jeux vidéo où l’exploration, les compétences acquises et l’accès à de nouvelles zones sont centraux. Le jeu propose un level design soigné, inspiré des meilleurs titres du genre, avec une progression fluide et des boss exigeants mais accessibles. Le système de gameplay repose sur des arcanes, des pouvoirs liés aux âmes des boss vaincus, permettant à Rose de s’adapter à différents styles de combat. Le jeu inclut des options d’accessibilité, comme la possibilité de désactiver la mort permanente ou d’ajuster la difficulté des combats.
La direction artistique de Belmont’s Curse est saluée pour son style unique, mêlant influences de bande dessinée, de manga et de jeux comme Hades. Les décors de Paris en 1499, des catacombes aux toits de Notre-Dame, sont détaillés à l’extrême, avec une palette de couleurs riche et des animations fluides. Cependant, cette richesse visuelle peut nuire à la lisibilité sur les écrans nomades, comme les smartphones ou les consoles portables, en raison d’un aliasing prononcé et d’une résolution limitée. Le jeu est mieux apprécié sur grand écran, où ses détails graphiques sont pleinement visibles.
Le jeu obtient une note de 8/10, avec des points forts majeurs : une direction artistique époustouflante, un gameplay riche et maîtrisé, et une adaptation réussie des codes du metroidvania. Les boss sont variés et stylisés, et le système de progression par arcanes est innovant. Cependant, le cadre parisien sert davantage de décor que de véritable élément narratif, et le jeu peut sembler surchargé visuellement. Le système de parade, inspiré des mécaniques modernes, est critiqué pour son omniprésence, bien que des options d’accessibilité permettent de l’adapter. La durée de vie est estimée à une quinzaine d’heures, avec des secrets et collectibles à découvrir.
Evil Empire a intégré des options d’accessibilité poussées pour toucher un large public. Il est possible de configurer la puissance des attaques, la résistance aux dégâts, ou encore de désactiver la mort permanente. Le jeu propose également des réglages pour augmenter le gain d’expérience ou reprendre devant un boss après un échec. Belmont’s Curse est localisé en français, avec des doublages disponibles en anglais ou en japonais. Ces choix reflètent une volonté de rendre le jeu inclusif, à l’image de titres comme Prince of Persia: The Lost Crown, développé par Ubisoft Montpellier.
Le jeu est disponible au prix de 28 € sur les plateformes comme Amazon et E.Leclerc. Il s’agit d’un titre accessible, conçu pour plaire aux fans de la série comme aux nouveaux joueurs. Son succès critique et commercial pourrait renforcer la légitimité des studios français dans le développement de jeux de niche, tout en prouvant que les franchises cultes peuvent renaître grâce à des équipes talentueuses et innovantes. Konami, en confiant *Castlevania* à Evil Empire, a pris un risque calculé qui semble porter ses fruits.

