De Gaza au Sud marocain, Rabat approfondit son alliance militaire avec Washington et Tel-Aviv
Le Maroc a accepté de déployer des soldats au sein de la Force internationale de stabilisation (FSI) à Gaza, dans le cadre du “plan de paix” du président américain Donald Trump. Dans le même temps, signe d’une coopération militaire étroite, une société américano-israélienne a procédé, dans le Sud marocain, au tir d’un missile de croisière longue portée à bas coût..
Le Maroc a accepté d’envoyer des soldats marocains dans la bande de Gaza dans le cadre d’une mission internationale. Cette décision s’inscrit dans le plan de paix proposé par le président américain Donald Trump en 2026. Les soldats marocains seront déployés au sein de la Force internationale de stabilisation (FSI), une mission dont l’objectif est de maintenir la sécurité dans la région. Une première base militaire rudimentaire, capable d’accueillir 150 soldats, doit être construite à environ 1,5 kilomètre de la frontière israélienne. À terme, ce projet prévoit une base pouvant accueillir jusqu’à 5 000 personnes. Les soldats marocains seront envoyés en rotation depuis une base située en Israël. Le contrat de construction de cette base a été attribué à Arkel International, une entreprise américaine basée en Louisiane. Cette participation du Maroc à la FSI marque une étape importante dans les relations entre Rabat, Washington et Tel-Aviv, mais elle suscite également des critiques au sein de la population et des observateurs internationaux.
Dans le même temps, une coopération militaire étroite entre les États-Unis, Israël et le Maroc s’est concrétisée par un essai de missile de croisière à longue portée dans le sud du Maroc. Cet essai a été réalisé par une société américano-israélienne, sans que le nom exact de l’entreprise ne soit précisé dans l’article. Le missile tiré est un modèle à bas coût, conçu pour une utilisation tactique ou stratégique. Cet événement illustre l’intensification des liens militaires entre ces trois pays, notamment dans une région stratégique comme le Sahara marocain. L’essai de missile s’ajoute à d’autres exercices militaires communs, comme l’exercice African Lion organisé chaque année au Maroc, qui implique des forces américaines, israéliennes et marocaines. Ces collaborations reflètent une volonté partagée de renforcer la sécurité régionale et de contrer des menaces communes, bien que les détails précis des accords ne soient pas rendus publics.
Ces développements s’inscrivent dans un contexte géopolitique marqué par l’initiative de paix de Donald Trump, dont l’objectif est de résoudre le conflit israélo-palestinien. Le Conseil de la paix créé par Trump joue un rôle central dans la mise en œuvre de ce plan, en coordonnant notamment la construction d’infrastructures militaires à Gaza. Parallèlement, les relations entre le Maroc, les États-Unis et Israël se renforcent, notamment depuis la normalisation des liens entre Israël et plusieurs pays arabes, dont le Maroc, sous l’impulsion des accords d’Abraham signés en 2020. Le Maroc, qui a déjà établi des relations diplomatiques avec Israël, voit dans cette alliance militaire un moyen de consolider sa position régionale et de bénéficier d’un soutien technologique et sécuritaire accru. Cependant, cette coopération suscite des tensions internes, certains y voyant une compromission avec des puissances perçues comme hostiles à la cause palestinienne.
La participation du Maroc à la mission militaire à Gaza et l’essai de missile dans le sud du pays ont provoqué des réactions mitigées. D’un côté, cette alliance est perçue comme un moyen pour le Maroc de renforcer sa sécurité et son influence régionale, tout en bénéficiant de transferts technologiques et d’investissements américains. De l’autre, elle est critiquée par une partie de l’opinion publique marocaine et des pays arabes, qui y voient une trahison de la cause palestinienne ou une soumission aux intérêts occidentaux. Les détails des accords militaires restent flous, et les motivations exactes de chaque partie ne sont pas toujours transparentes. Pour le Maroc, cette coopération pourrait également servir de levier dans les négociations en cours concernant le Sahara occidental, un territoire disputé où Rabat cherche à obtenir une reconnaissance internationale. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces alliances sur la stabilité régionale.

