Les universités craignent que la baisse des étudiants internationaux nuise à la recherche
Les quotas imposés par Ottawa et Québec causent une forte baisse des étudiants internationaux..
Le nombre d’étudiants internationaux dans les universités québécoises a fortement diminué en 2025, passant de 292 915 permis d’étude délivrés en 2024 à seulement 115 060. Cette baisse s’explique par les politiques récentes d’Ottawa et de Québec visant à réduire l’immigration. Aucun établissement n’a atteint le nombre maximal de demandes autorisées par la province. Par exemple, à l’Université Laval, entre 60 % et 80 % des étudiants aux cycles supérieurs sont internationaux selon les programmes. Polytechnique Montréal compte quant à elle 60 à 70 % d’étudiants étrangers dans ses cycles avancés. Cette tendance inquiète les dirigeants universitaires, car ces étudiants jouent un rôle clé dans la recherche et l’innovation.
Les étudiants internationaux sont essentiels à la recherche universitaire, notamment dans des domaines comme le génie. Leur présence permet d’apporter des perspectives variées et d’enrichir les travaux scientifiques. Maud Cohen, directrice générale de Polytechnique Montréal, souligne que ces étudiants aident à sortir des cadres traditionnels de réflexion. Leur contribution est particulièrement importante aux cycles supérieurs, où ils représentent une part majoritaire des effectifs. Sans eux, les universités risquent de perdre en dynamisme et en compétitivité sur la scène internationale. Leur départ pourrait aussi rendre les programmes moins attractifs pour les chercheurs étrangers.
La baisse des étudiants internationaux crée un cercle vicieux pour les universités. François Gélineau, vice-recteur aux affaires internationales à l’Université Laval, explique que moins d’étudiants étrangers rendent les établissements moins attractifs pour les professeurs. En effet, ces derniers ont besoin d’équipes de recherche dynamiques pour mener leurs projets. Murielle Laberge, rectrice de l’Université du Québec en Outaouais, ajoute que les quotas imposés par les gouvernements sont perçus comme un rejet par les candidats potentiels. Les étudiants internationaux pourraient ainsi choisir d’étudier ailleurs, aggravant encore la situation.
Les quotas imposés par Ottawa et Québec ont nui à l’image des universités québécoises. Les étudiants internationaux interprètent ces restrictions comme un signal de non-accueil, ce qui influence leur choix de destination. François Gélineau précise que les recruteurs de l’Université Laval ont entendu des candidats s’interroger sur la volonté réelle du Canada de les accueillir. Cette perception négative pourrait dissuader les futurs étudiants et affaiblir la réputation des établissements. Le gouvernement québécois défend ses mesures, affirmant qu’elles visent à mieux gérer la croissance démographique et la pression sur les services publics.
Face à cette situation, les gouvernements fédéral et provincial ont pris des mesures pour atténuer l’impact. Ottawa a simplifié certaines démarches administratives et priorise désormais les étudiants au niveau doctoral. La ministre québécoise de l’Enseignement supérieur, Martine Biron, a déclaré que ces ajustements visent à respecter la capacité d’accueil des régions tout en répondant aux besoins des universités. Cependant, les dirigeants universitaires estiment que ces actions ne suffisent pas à compenser les effets des quotas stricts, qui limitent toujours le nombre de permis d’études délivrés.

