Mediapart dit avoir authentifié les messages antisémites attribués à Jordan Bardella
Le journal en ligne a publié des captures d'écran des messages attribués à Jordan Bardella sur Messenger..
Le média d'investigation français Mediapart affirme avoir authentifié des messages antisémites datant de 2013, attribués à Jordan Bardella, actuel président du Rassemblement national (RN). Ces messages, publiés par Mediapart le lundi précédent, contiennent des propos comme Les banques sont toutes détenues par des Juifs ou Le juif doit dominé [sic] les autres peuples. Bardella nie catégoriquement en être l'auteur et dénonce des montages grossiers, annonçant son intention de porter plainte pour faux et usage de faux. L'affaire survient à sept mois de l'élection présidentielle française, où Bardella était pressenti pour devenir premier ministre en cas de victoire de Marine Le Pen, candidate favorite dans les sondages. Cette révélation menace la stratégie de dédiabolisation du RN, entreprise depuis 15 ans pour adoucir son image auprès des électeurs.
Mediapart s'appuie sur des captures d'écran de conversations Messenger datées de 2013, authentifiées par un huissier après extraction des données par Meta (maison mère de Facebook). L'analyse de ces échanges révèle des éléments biographiques confirmant l'identité de l'utilisateur : mention de la mère de Bardella née en Italie, référence à une interview accordée au Parisien en 2013, ou encore l'échec au concours de Sciences Po. Le journal souligne que la conversation a été datée et vérifiée pour attester de son authenticité. Bardella a réagi sur le réseau social X en qualifiant ces accusations d'ignobles et de campagnes orchestrées visant à son exécution politique. Il annonce des poursuites pour diffamation et faux contre Mediapart, tout en évoquant une possible procédure pour faux et usage de faux.
L'affaire divise peu au sein du RN, où Jordan Bardella reste soutenu par sa famille politique. Marine Le Pen, candidate à la présidentielle et figure historique du parti, a dénoncé une barbouzerie (terme désignant une manipulation politique) et une manipulation lourde. Elle a suggéré à Mediapart d'enfiler un costard en kevlar (gilet pare-balles), une métaphore pour évoquer la dangerosité des accusations. Bardella sera le seul candidat à sa réélection lors du congrès du RN fin octobre, malgré cette polémique qui ravive les accusations d'antisémitisme pesant sur le parti depuis des années. Le RN, autrefois Front national, tente depuis 15 ans de se distancier de son image extrémiste, mais cette affaire pourrait freiner cette stratégie.
Les messages attribués à Bardella révèlent une fascination pour Alain Soral, idéologue antisémite et négationniste, avec qui Bardella entretenait des liens avant la rupture de Soral avec le RN en 2009. Dans ses propos, Bardella aurait validé les analyses de Soral, dénonçant une *soumission de la France à la logique sioniste*. Cette affaire éclaire les tensions internes au RN sur la question de l'antisémitisme, un sujet sensible pour un parti cherchant à séduire un électorat plus large. Le RN, dirigé par Marine Le Pen, mise sur une *dédiabolisation* pour gagner en crédibilité, mais cette révélation pourrait compromettre ses efforts, surtout à quelques mois d'une élection présidentielle où la crédibilité des candidats est cruciale.

