Quand la brûlure causée par une cigarette électronique constitue un accident du travail
Poisson d’avril ? Humour ? Non ! Juste une vraie décision rendue par le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand le 13 août 2026 !.
Une brûlure causée par une cigarette électronique (ou vape) peut être reconnue comme un accident du travail si elle survient dans le cadre professionnel. Selon la jurisprudence française, un accident du travail est défini comme un événement soudain qui provoque une lésion corporelle, survenant à l’occasion du travail. Dans ce cas précis, la brûlure a été provoquée par l’explosion d’une cigarette électronique utilisée par un salarié pendant son temps de travail. La reconnaissance de cet incident comme accident du travail permet au salarié de bénéficier d’une prise en charge par la Sécurité sociale (via les prestations en nature et les indemnités journalières), ainsi que d’une protection contre un éventuel licenciement pour inaptitude ou absence prolongée. L’employeur doit déclarer cet accident à la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) dans les 48 heures, sous peine de sanctions.
Pour qu’une brûlure liée à une cigarette électronique soit considérée comme un accident du travail, trois conditions doivent être réunies. Premièrement, l’événement doit être soudain : ici, l’explosion de la cigarette électronique a provoqué une brûlure immédiate. Deuxièmement, la lésion doit être corporelle : une brûlure, même légère, entre dans cette catégorie. Troisièmement, l’accident doit survenir à l’occasion du travail, c’est-à-dire pendant l’exécution des tâches professionnelles ou lors d’une activité directement liée au travail (comme une pause pendant laquelle le salarié utilise sa cigarette électronique sur son lieu de travail). La jurisprudence récente a confirmé que l’usage d’une cigarette électronique pendant le temps de travail, même pendant une pause, peut être considéré comme une activité professionnelle si l’employeur n’a pas interdit explicitement son utilisation.
La reconnaissance d’un accident du travail a des implications pour l’employeur. Celui-ci doit déclarer l’accident à la CPAM sous 48 heures, en utilisant le formulaire CERFA n°14463 (ou en ligne via le portail Net-Entreprises). En cas de non-déclaration, l’employeur s’expose à des sanctions financières pouvant aller jusqu’à 1 500 € par salarié concerné. De plus, l’accident doit être consigné dans le registre des accidents du travail (ou registre unique de sécurité), obligatoire dans les entreprises de plus de 10 salariés. Enfin, l’employeur doit prendre des mesures pour prévenir de futurs accidents similaires, comme l’interdiction de l’usage des cigarettes électroniques sur le lieu de travail ou la vérification de la conformité des équipements utilisés par les salariés.
Un salarié victime d’une brûlure reconnue comme accident du travail bénéficie de plusieurs droits. D’abord, il a droit à une prise en charge à 100 % des frais médicaux liés à sa brûlure par l’Assurance Maladie, sans avance de frais. Ensuite, il perçoit des indemnités journalières (IJ) pendant son arrêt de travail, calculées sur la base de son salaire journalier brut, avec un plafond fixé par la Sécurité sociale. Ces indemnités représentent environ 80 % du salaire brut, dans la limite de 1,8 fois le SMIC mensuel. Enfin, si l’accident entraîne une incapacité permanente, le salarié peut prétendre à une rente versée par la CPAM, dont le montant dépend du taux d’incapacité reconnu. Ces droits sont indépendants de toute faute de l’employeur ou du salarié.
Pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise, les employeurs sont encouragés à mettre en place des mesures de prévention. Cela inclut l’interdiction formelle de l’usage des cigarettes électroniques sur le lieu de travail, surtout dans les environnements où des équipements électriques ou des produits inflammables sont manipulés. Les entreprises peuvent également organiser des formations sur les risques liés aux cigarettes électroniques, comme les risques d’explosion ou de brûlure. Enfin, il est recommandé d’afficher des consignes de sécurité claires et de sensibiliser les salariés aux bonnes pratiques, notamment en matière d’utilisation des équipements personnels pendant le travail. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de l’obligation de sécurité de résultat de l’employeur, prévue par le *Code du travail* (article L. 4121-1).

