Séisme en Colombie : la recherche de survivants dans une phase critique
Avec 265 morts, le séisme de magnitude 7,4 est le plus meurtrier de ce début de siècle en Colombie..
Le 12 août 2026, un séisme de magnitude 7,4 a frappé l'ouest de la Colombie, devenant le plus meurtrier du début du XXIe siècle dans ce pays avec un bilan provisoire de 265 morts, près de 3 500 blessés et 500 disparus. L'épicentre se situait dans le département du Choco, une région pauvre de la côte Pacifique, mais les villes les plus touchées furent Cali (3e ville du pays) et Pereira, dans la région caféière. Ce tremblement de terre a détruit plus de 11 000 logements, laissant des milliers de familles sans abri. La magnitude mesure l'énergie libérée par un séisme sur l'échelle de Richter, où chaque point entier correspond à une augmentation d'environ 10 fois l'énergie. Les régions montagneuses comme celle du Choco sont particulièrement exposées aux séismes en raison de leur position sur des failles tectoniques actives.
Les opérations de recherche des survivants sont entrées dans une phase critique après 72 heures, un délai au-delà duquel les chances de retrouver des rescapés vivants deviennent très faibles. Ce seuil a été atteint jeudi 13 août à 7 h 34, heure locale. Malgré cela, les secouristes, épaulés par des bénévoles et des chiens renifleurs, ont continué à travailler sans relâche, parfois à mains nues, pour détecter d'éventuels signes de vie dans les décombres. À Cali et Pereira, les équipes ont œuvré pendant trois nuits consécutives, utilisant même des grues pour soulever les structures effondrées. Les Topos, un groupe mexicain de secouristes spécialisés, sont venus renforcer les efforts. Leur nom signifie 'taupes' en espagnol, en référence à leur capacité à creuser dans les décombres.
Le séisme a causé des dégâts matériels et humains considérables. Plus de 11 000 logements ont été détruits ou endommagés, et des milliers de personnes se retrouvent sans toit. Parmi les victimes, on compte des habitants de quartiers comme Providencia à Pereira, déjà frappés par un séisme meurtrier en 1999 qui avait fait près de 1 200 morts. L'avocate Ana Paulina Crosthwaite, dont l'immeuble a été jugé dangereux, a exprimé son désarroi face à cette nouvelle réalité, soulignant l'impréparation des habitants à reconstruire leur vie. Les autorités locales et nationales, comme la gouverneure du Choco Nubia Córdoba, ont annoncé la fin des recherches actives dans certaines zones, se concentrant désormais sur l'aide aux sinistrés.
Le président colombien Abelardo de la Espriella, en fonction depuis seulement une semaine, a décrété trois jours de deuil national et une urgence économique, une mesure exceptionnelle lui permettant de lever des impôts et de modifier le budget sans passer par le Parlement. Cette décision vise à mobiliser rapidement des ressources pour la reconstruction. Sur le plan international, les États-Unis ont annoncé une aide de 15,5 millions de dollars, tandis que l'Union européenne a promis 2,3 millions d'euros (2 millions d'euros). En Colombie, la solidarité s'est manifestée par des dons de nourriture, d'eau et des files d'attente pour donner son sang dans des lieux comme le stade Nemesio Camacho El Campín à Bogota.
Les familles des disparus vivent dans l'angoisse et l'incertitude. Valeria Cardona, une étudiante de 26 ans, a partagé son espoir et sa peur de recevoir une mauvaise nouvelle concernant ses deux cousins portés disparus à Cali. Son témoignage illustre la détresse des proches, partagés entre l'espoir de retrouver leurs proches et la peur de devoir affronter un deuil. Les secouristes, comme ceux du groupe *Topos* mexicains, ont souligné leur expérience acquise lors d'autres catastrophes, comme le double séisme au Venezuela en juin 2026 qui avait fait plus de 6 000 morts. Leur président, Héctor Mendez, a évoqué les défis surmontés lors de ces interventions, renforçant leur résilience.

