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Derrière les cyberattaques, des humains et des RH plus que des robots

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 17 j

Avec l'expression "marché de la donnée" et la mise en évidence de logiciels de rançon, on a éclipsé la présence d'humains... qui reste pourtant centrale derrière ces attaques.

Cyberattaques : humains au cœur

Les cyberattaques ne sont pas uniquement l’œuvre de robots ou de logiciels automatisés, mais bien le fait d’humains organisés. Selon Jean-Yves Marion et Gildas Avoine, deux experts en cybersécurité interrogés lors d’une table ronde à l’Académie des sciences en septembre 2026, l’humain reste l’acteur central, que ce soit en tant que victime ou en tant qu’attaquant. Cette réalité remet en question une vision purement technique de la cybersécurité, où les outils informatiques et les algorithmes seraient les seuls responsables. Les attaques modernes, comme les rançongiciels (logiciels malveillants qui bloquent l’accès aux données en échange d’une rançon), illustrent cette dimension humaine : les pirates exploitent des failles humaines, comme la négligence ou l’ignorance, pour infiltrer des systèmes. Ainsi, la cybersécurité ne peut plus se limiter à des solutions techniques, mais doit intégrer une approche humaine et sociale.

Données : valeur dématérialisée

La notion de marché de la donnée a évolué depuis une quinzaine d’années, mais elle reste souvent mal comprise. Jean-Yves Marion explique que les données brutes, prises isolément, n’ont pas une grande valeur. Leur importance réside dans leur capacité à être analysées et exploitées, notamment grâce à l’intelligence artificielle (IA). Par exemple, en croisant des informations éparpillées (comme des habitudes de navigation, des achats en ligne ou des réseaux sociaux), un pirate peut reconstituer le profil complet d’une personne, y compris des détails personnels comme le nom de son animal de compagnie. Depuis quelques années, les attaquants ne se contentent plus de chiffrer les données pour exiger une rançon : ils les volent et menacent de les divulguer si la victime refuse de payer. Cette stratégie repose sur la dévalorisation des données, dont la masse les rend moins rares et donc moins chères sur le marché noir.

Sciences humaines en cybersécurité

Gildas Avoine souligne que la cybersécurité a longtemps été considérée comme une discipline purement technique, réservée aux informaticiens, mathématiciens et électroniciens. Pourtant, l’humain est à la fois la cible et l’origine des cyberattaques. Pour renforcer la protection des systèmes, il est désormais essentiel d’intégrer les sciences humaines et sociales (psychologie, sociologie, etc.) aux méthodes traditionnelles. Par exemple, comprendre les comportements des utilisateurs, leurs failles psychologiques ou leurs habitudes numériques permet de concevoir des outils plus adaptés et moins vulnérables. Cette approche interdisciplinaire vise à rendre la cybersécurité plus efficace en tenant compte des réalités humaines, comme les horaires de travail des attaquants ou les biais cognitifs des victimes.

Ce que ça pourrait changer

L’Académie des sciences a organisé en septembre 2026 une table ronde intitulée *« Que peuvent les sciences face aux cyber-attaques ? »* pour explorer cette question. Les intervenants ont mis en lumière l’importance de repenser la cybersécurité à travers le prisme des *sciences de l’ingénieur* et des sciences humaines. Cette réflexion collective montre que la sécurité informatique ne se limite pas à des pare-feu ou à des antivirus, mais inclut aussi des enjeux culturels et sociaux. Par exemple, la manière dont une entreprise ou un individu perçoit la sécurité influence directement sa vulnérabilité. En intégrant des experts en sciences sociales, les organisations peuvent mieux anticiper les risques et adapter leurs stratégies de protection.

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