Les scientifiques découvrent 57 nouvelles espèces dans un canyon sous-marin près de l'Argentine
Un canyon profond au large de l'Argentine abritait 57 espèces marines encore inconnues. Les scientifiques y ont repéré un concombre de mer cornu surnommé Loki.
Une équipe internationale de scientifiques a annoncé la découverte de 57 nouvelles espèces marines dans un canyon sous-marin situé au large des côtes argentines. Cette zone, appelée Burdwood Norte, se trouve à environ 150 kilomètres à l'est des îles Falkland (ou Malouines). Les espèces identifiées incluent des crustacés, des mollusques, des vers marins et des poissons, tous adaptés à un environnement profond et peu exploré. Les chercheurs ont utilisé des robots sous-marins équipés de caméras haute définition et de bras robotisés pour prélever des échantillons entre 800 et 1 300 mètres de profondeur. Cette découverte souligne l'importance des écosystèmes marins profonds, encore largement méconnus, et leur rôle dans l'équilibre écologique des océans.
Le canyon sous-marin de Burdwood Norte fait partie d'une chaîne de reliefs sous-marins appelée plateau de Burdwood, qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Ces zones, souvent ignorées par les explorations océaniques, abritent une biodiversité surprenante en raison de leur isolement et de leurs conditions environnementales uniques. Les espèces découvertes vivent dans l'obscurité totale, à des pressions extrêmes et des températures froides, ce qui a favorisé l'évolution d'adaptations remarquables. Par exemple, certains crustacés possèdent des organes bioluminescents pour communiquer ou attirer des proies, tandis que d'autres ont développé des carapaces transparentes pour se camoufler. Ces adaptations illustrent la résilience de la vie dans des milieux hostiles.
Pour étudier ce canyon sous-marin, les scientifiques ont utilisé des technologies de pointe comme les ROV (Remotely Operated Vehicles ou véhicules télécommandés). Ces robots, pilotés depuis la surface, sont capables de filmer et de collecter des échantillons avec une précision millimétrique, sans perturber l'écosystème. Les chercheurs ont également déployé des pièges à sédiments et des filets à plancton pour capturer des organismes vivants. Une partie des espèces a été identifiée grâce à l'analyse de leur ADN, une méthode appelée métabarcoding, qui permet de comparer les séquences génétiques avec des bases de données mondiales. Ces techniques, combinées à des analyses en laboratoire, ont permis de confirmer que 57 des espèces collectées étaient inconnues de la science.
La découverte de ces nouvelles espèces soulève des questions sur la protection des écosystèmes marins profonds, souvent menacés par des activités humaines comme la pêche industrielle ou l'exploitation minière des fonds marins. Les scientifiques soulignent que ces zones, bien que peu accessibles, jouent un rôle crucial dans la régulation du climat et la biodiversité mondiale. Par exemple, les canyons sous-marins agissent comme des puits de carbone, captant le CO₂ présent dans l'eau et limitant son accumulation dans l'atmosphère. Les chercheurs appellent à une meilleure réglementation internationale pour préserver ces milieux fragiles, notamment en étendant les zones marines protégées. Cette découverte pourrait ainsi influencer les politiques environnementales futures.
Cette expédition a été menée par des chercheurs issus de plusieurs pays, dont l'Argentine, le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Allemagne. Les institutions impliquées incluent l'*Instituto Nacional de Investigación y Desarrollo Pesquero* (INIDEP) en Argentine, le *Natural History Museum* de Londres et l'*Université de Hambourg*. La collaboration internationale a permis de mutualiser les ressources techniques et financières nécessaires pour explorer ces zones reculées. Les échantillons collectés seront conservés dans des musées et des laboratoires pour des études futures, tandis que les données seront partagées avec la communauté scientifique mondiale via des bases de données en ligne. Cette approche collaborative est essentielle pour accélérer les découvertes et mieux comprendre les océans, qui restent largement inexplorés.

