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Généraliste

La Presse canadienne célèbre le 75ᵉ anniversaire de son Service français

Le Devoir · mis à jour il y a 3 h

En 1951, la « PC » devenait la première agence de presse bilingue au monde..

Naissance du service français

En 1951, La Presse canadienne (souvent appelée PC dans le milieu de l’information) lance son Service français, devenant ainsi la première agence de presse bilingue au monde. Jusqu’alors, sa maison-mère, The Canadian Press (fondée en 1917), fournissait aux médias francophones des dépêches uniquement en anglais, que ceux-ci devaient traduire eux-mêmes. L’inauguration officielle a eu lieu le 30 septembre 1951 à Montréal, avec la présence de figures comme Hervé Major (président de La Presse canadienne) et Jean Saint-Georges (de Radio-Canada). Ce service répondait à un besoin croissant d’informations en français pour les journaux québécois et francophones du Canada. Dans ses débuts, le Service français se limitait principalement à la traduction et à la rédaction de textes issus du service anglais, avec quelques reportages sur les collines parlementaires (sièges des parlements fédéral et provincial) où des correspondants étaient déjà en place. La PC fonctionnait comme une coopérative, un modèle où les médias membres en possédaient les parts.

Évolution technique

Dès ses débuts, le Service français de La Presse canadienne a connu des avancées technologiques majeures pour transmettre ses informations. À l’origine, les dépêches étaient envoyées par télégraphe, un système de transmission électrique de messages codés, à une vitesse de 66 mots par minute. En 1952, l’agence adopte le téléscripteur, un appareil permettant d’imprimer directement les textes reçus, augmentant la vitesse à 300 mots par minute. Dans les années 1970-1980, le passage aux satellites porte cette vitesse à 19 200 mots par minute. Enfin, la fin des années 1990 marque l’arrivée de l’informatisation et d’Internet, éliminant les limites techniques de transmission. Ces innovations ont permis à La Presse canadienne de couvrir l’actualité avec une rapidité et une précision accrues, tout en réduisant les délais de diffusion pour ses membres.

Croissance et expansion

Au fil des décennies, le Service français de La Presse canadienne s’est imposé comme un acteur central de l’information francophone au Canada. En 1954, il comptait 11 médias membres, dont L’Évangéline (Moncton) et L’Action catholique (Québec). Son rôle s’est élargi avec l’embauche de journalistes sur le terrain, au-delà des simples traductions. La coopérative, initialement composée de neuf journaux québécois et de Le Droit d’Ottawa, a vu son nombre de membres augmenter progressivement. Cependant, la crise des médias et le retrait de Québecor en 2009 ont conduit La Presse canadienne à abandonner son modèle coopératif pour devenir une société privée détenue à parts égales par La Presse, The Globe and Mail et Torstar. Cette transition a permis à l’agence de s’adapter aux nouveaux défis économiques du secteur.

Couverture de l'actualité

Depuis 75 ans, La Presse canadienne se distingue par sa couverture exhaustive d’événements majeurs au Québec, au Canada et à l’étranger. Parmi ses reportages les plus marquants figurent la crise d’Octobre 1970, les Jeux olympiques de Montréal 1976, la fusillade de l’Assemblée nationale en 1984, le déluge de Montréal en 1987, le décès de René Lévesque la même année, la tragédie de Polytechnique en 1989, la crise d’Oka en 1990, ou encore le printemps érable en 2012. L’agence a également couvert des événements internationaux comme les Jeux olympiques à l’étranger ou la guerre en Afghanistan. Ses journalistes ont aussi été présents lors de crises sanitaires comme la pandémie de COVID-19 (2020-2022) ou des tragédies locales, comme l’attentat de la grande mosquée de Québec en 2017 ou l’attaque au camion-bélier à Amqui en 2023. Ces reportages ont permis aux médias francophones membres ou abonnés de disposer d’informations fiables et rapides.

Ce que ça pourrait changer

La Presse canadienne a joué un rôle clé dans la formation de nombreux journalistes francophones. Plusieurs personnalités médiatiques ont commencé leur carrière au sein de son Service français, comme les poètes **Alfred DesRochers** et **Olivier Marchand**, l’essayiste **Jean Lemoyne**, le chroniqueur **Guy Fournier**, l’humoriste **Carl Dubuc** ou encore le journaliste **Michel Roy**, qui a ensuite occupé des postes de direction au *Devoir* et à *La Presse*. L’agence a également contribué à façonner l’information francophone en fournissant des dépêches et des reportages à l’ensemble des grands médias du Canada, leur permettant de couvrir des événements hors de leur territoire. Son travail a souvent été salué pour son équilibre entre rapidité et précision, faisant d’elle une référence dans le paysage médiatique canadien.

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