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Généraliste

Des électeurs ont reçu de fausses informations d’un agent conversationnel

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

La plupart des médias québécois bloquent l’accès aux robots à leurs contenus..

IA et élections

Lors des dernières élections québécoises de 2026, environ 40 % des électeurs ont utilisé des agents conversationnels (ou chatbots), des outils d’intelligence artificielle (IA) capables de dialoguer comme un humain, pour obtenir des informations sur le vote. Ces outils, comme ChatGPT, sont programmés pour répondre à des questions en puisant dans des sources variées. Cependant, les médias québécois bloquent souvent l’accès de leurs contenus à ces robots, limitant ainsi les sources fiables disponibles pour les utilisateurs. Résultat : les réponses fournies par ces agents peuvent être incomplètes ou erronées, car ils se tournent vers d’autres sites, parfois peu fiables.

Fausses infos en hausse

Une étude menée par des chercheurs de l’Université McGill a révélé que, pendant les trois dernières semaines de la campagne électorale, 39 % des conseils sur le vote donnés par ChatGPT provenaient d’un site web de loisir créé par une IA et rempli d’erreurs. Ce site, non conçu pour informer sur des sujets sérieux comme les élections, a donc servi de source principale à l’agent conversationnel. Bien qu’il n’y ait pas eu d’intention malveillante, cette situation a conduit de nombreux électeurs à recevoir des informations incorrectes, ce qui soulève des questions sur la fiabilité des outils d’IA dans un contexte démocratique.

Risques pour la démocratie

Lors d’une audience parlementaire, le député conservateur Blaine Calkins a exprimé sa préoccupation face à cette situation : « Si cela peut arriver par accident, imaginez ce qui pourrait se passer si c’était fait exprès. » Le professeur Taylor Owen, de l’École Max Bell de l’Université McGill, a confirmé que cette problématique doit être traitée « de toute urgence ». Ces propos interviennent dans le cadre d’une nouvelle étude sur l’impact de l’IA sur les institutions démocratiques canadiennes, lancée par le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre des communes.

Ce que ça pourrait changer

Le Québec n’est pas le seul endroit où les médias limitent l’accès de leurs contenus aux robots conversationnels. Cette pratique, adoptée par la plupart des médias québécois, vise à protéger leurs articles contre une utilisation automatisée non autorisée. Cependant, elle crée un vide informationnel que les agents conversationnels comblent avec des sources moins fiables. Les chercheurs soulignent que cette situation met en lumière les limites des outils d’IA lorsqu’ils sont utilisés pour des sujets aussi sensibles que les élections, où l’exactitude des informations est cruciale.

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