Macky Sall échoue à faire bloquer un site qui milite contre sa candidature à l’ONU
L’ancien président sénégalais Macky Sall a tenté de faire bloquer, en France, un site opposé à sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté sa demande, estimant qu’il n’y avait ni diffamation caractérisée, en dépit d’accusations graves, ni atteinte au droit à l’image.
Un site web nommé nonamacky.org a été créé pour critiquer la candidature de Macky Sall à un poste à l’ONU. Disponible en neuf langues, il accuse l’ancien président sénégalais d’avoir commis de graves violations pendant ses douze années au pouvoir. Selon le site, ces manquements incluent des atteintes aux droits humains, des excès inconstitutionnels, un recul de la liberté de la presse, des scandales de corruption et une dette publique dissimulée. Le site se présente comme une initiative citoyenne, portée par une coalition d’ONG, d’experts en droit et de citoyens, qui s’appuie sur des articles de presse et des rapports d’organisations internationales pour étayer ses affirmations. Il encourage les visiteurs à contacter les membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour s’opposer à sa candidature.
Entre le 31 mars et le 2 avril, Macky Sall a tenté de faire bloquer le site nonamacky.org en engageant une procédure judiciaire contre plusieurs acteurs du numérique. Il a assigné Cloudflare (et sa filiale française), ainsi que les opérateurs télécoms Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom. Sa demande reposait sur l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN), un texte qui permet à un tribunal d’ordonner le blocage d’un site sous 48 heures si son contenu cause un préjudice grave. Sall a justifié sa requête en invoquant des accusations diffamatoires à son encontre, ainsi qu’une atteinte à son droit à l’image, en raison d’une photo de Une où son portrait est barré de la mention Unfit (inapte). Cette procédure s’inscrit dans une stratégie juridique utilisée régulièrement pour faire cesser la diffusion de contenus controversés.
Malgré sa démarche, Macky Sall n’a pas obtenu gain de cause. Le tribunal n’a pas ordonné le blocage du site *nonamacky.org*, qui reste donc accessible. Cette décision illustre la difficulté de faire censurer un contenu en ligne, même lorsque des personnalités politiques ou des institutions s’y opposent. Le site continue de diffuser ses critiques, alimentées par des preuves présentées comme des rapports d’ONG, des articles de presse et des analyses juridiques. Cette affaire soulève des questions sur l’équilibre entre la liberté d’expression, protégée par la loi, et la protection de la réputation des individus, notamment pour les figures publiques comme un ancien chef d’État.

