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NUMÉRIQUE

Macky Sall échoue à faire bloquer un site qui milite contre sa candidature à l’ONU

Source unique·il y a 23 j

La tentative de Macky Sall pour faire bloquer un site militant critiquant sa candidature à l’ONU illustre une stratégie de contrôle numérique de l’information, mais aussi les limites juridiques et techniques d’une telle démarche. En invoquant la LCEN pour faire cesser des accusations diffamatoires, l’ancien président sénégalais a engagé une procédure qui interroge la frontière entre protection de la réputation et restriction de la liberté d’expression en ligne.

Quelles accusations précises le site nonamacky.org porte-t-il contre Macky Sall ?

Le site, disponible en neuf langues, dénonce douze années de présidence marquées par des entorses aux droits de l’homme, des excès inconstitutionnels, un recul de la liberté de la presse, des scandales de corruption et une dette cachée, tout en qualifiant l’ancien président d’inapte à occuper de nouvelles fonctions internationales.

Quels acteurs ont été ciblés par la demande de blocage et sur quelle base juridique ?

Macky Sall a assigné Cloudflare (et sa filiale française), Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom pour faire bloquer le site sous 48 heures, en s’appuyant sur l’article 6-3 de la loi sur la confiance dans l’économie numérique (LCEN), qui permet de prescrire des mesures pour prévenir ou faire cesser un dommage causé par un contenu en ligne.

Pourquoi cette procédure de blocage est-elle inhabituelle ?

La démarche est atypique car elle vise un site étranger hébergé sur des infrastructures techniques complexes (Cloudflare), ce qui complique son blocage effectif, et parce qu’elle repose sur des accusations politiques et morales plutôt que sur des contenus manifestement illégaux comme la haine ou la négationnisme, habituellement ciblés par ce type de demandes.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire pourrait renforcer le débat sur l’équilibre entre protection de la réputation des personnalités publiques et préservation de la liberté d’expression en ligne, notamment dans un contexte où les plateformes techniques et les FAI deviennent des arbitres involontaires des conflits politiques. Elle soulève aussi des questions sur l’efficacité réelle des blocages numériques face à des sites distribués à l’échelle internationale.

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