La Belgique accorde des bourses à des étudiants gazaouis, sans leur permettre de venir
Au moins sept étudiants gazaouis ont obtenu une bourse pour poursuivre leurs études en Belgique. Laquelle exige qu’ils déposent leur demande de visa en personne, à Jérusalem ou au Caire, alors même qu’Israël interdit aux Gazaouis de quitter l’enclave, ravagée par trois ans de guerre..
La Belgique a attribué des bourses d’études à sept étudiants gazaouis, dont le médecin Ahmad Abu Jami (28 ans), pour intégrer l’Institut de médecine tropicale d’Anvers. Ces bourses, destinées à des Palestiniens de la bande de Gaza, leur offrent une opportunité académique en Europe. Cependant, cette initiative reste pour l’instant sans effet concret, car les lauréats se heurtent à des obstacles administratifs et géopolitiques majeurs. Les cours doivent commencer en septembre 2026, mais les étudiants sont dans l’incapacité de quitter Gaza pour se rendre en Belgique.
Pour obtenir un visa belge, les étudiants doivent se rendre en personne au consulat de Belgique à Jérusalem ou à l’ambassade du royaume au Caire, car il n’existe pas de poste consulaire belge dans la bande de Gaza. Or, les autorités israéliennes interdisent aux Palestiniens de quitter cette enclave depuis le début de la guerre en 2024, qui a déjà fait plus de 70 000 morts selon les autorités locales. Les étudiants se retrouvent donc dans une situation absurde, qualifiée de kafkaïenne par les médias belges, où une opportunité éducative leur est offerte sans qu’ils puissent en bénéficier.
Ahmad Abu Jami vit depuis plus d’un an dans une tente sur la côte de Gaza avec sa famille, après avoir perdu son logement. Il travaille à la fois dans un hôpital et dans des postes de secours, tout en continuant ses études. Malgré sa motivation pour la médecine, les conditions de vie extrêmes – marquées par la destruction des infrastructures, les déplacements forcés et les restrictions d’accès aux ressources – affectent sa capacité à se concentrer. Il exprime son inquiétude quant à l’avenir de sa formation, alors que les cours à Anvers commencent dans quelques mois.
Le ministère belge des Affaires étrangères est à l’origine de ces bourses, mais son exigence d’une demande de visa en personne crée une impasse pour les étudiants de Gaza. Les autorités israéliennes, qui contrôlent les frontières de l’enclave, maintiennent leur interdiction de sortie pour les Palestiniens, malgré les appels internationaux à faciliter l’accès à l’éducation. Les médias belges *De Standaard* et *Le Soir* soulignent l’ironie de cette situation, où une décision généreuse se heurte à des réalités politiques et humanitaires.

