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Géopolitique

Défendre le climat, ce n’est pas le genre des “vrais” hommes

Courrier International · mis à jour il y a 1 h

Agir face au dérèglement climatique et s’adapter : chaque semaine, les pistes de la presse étrangère..

Stéréotypes masculins et climat

Certains mouvements masculinistes, comme ceux inspirés par le vice-président américain J.D. Vance, associent la défense de l'environnement à une faiblesse supposée, qualifiant les hommes engagés dans ce domaine de soy boys (littéralement garçons soja, terme péjoratif désignant des hommes perçus comme efféminés ou végétariens). Cette vision repose sur une construction sociale appelée pétro-masculinité, où la consommation de combustibles fossiles (comme la viande rouge ou les véhicules polluants) est présentée comme un symbole de virilité. Une étude de l'Institute for Fiscal Studies au Royaume-Uni, menée auprès de 15 000 personnes en France, révèle que les femmes émettent 26 % de CO₂ en moins que les hommes dans les domaines de l'alimentation et des transports, notamment en raison de ces choix de consommation.

Écart d'empreinte carbone

Les hommes, en moyenne, ont une empreinte carbone plus élevée que les femmes, selon plusieurs études internationales. Par exemple, une recherche publiée en avril 2026 montre que les hommes, surtout ceux issus de pays riches ou fortunés, adoptent des comportements plus polluants. Une autre étude de l'université de Californie, menée auprès de 40 000 personnes en Europe et aux États-Unis, souligne que la préoccupation climatique est souvent perçue comme un trait féminin, lié à des valeurs comme la bienveillance ou la compassion. Certains hommes évitent donc de s'engager pour le climat par crainte de remettre en cause leur identité masculine traditionnelle.

Comportements genrés

Les stéréotypes de genre jouent un rôle clé dans les choix écologiques. Les produits respectueux de l'environnement, comme les sacs réutilisables ou les véhicules électriques, sont souvent perçus comme féminins. Une étude citée par le Financial Times indique que 80 % des hommes choisissent une option écologique si elle est présentée comme économique, contre seulement 70 % si l'argument écologique est mis en avant. En Suède, des groupes de discussion, comme ceux animés par l'association MÄN (des hommes pour l'égalité des genres), tentent de sensibiliser les hommes en les incitant à réfléchir à leur rapport émotionnel à la nature, mais ces initiatives peinent à toucher les moins sensibilisés.

Solutions pour les hommes

Pour convaincre les hommes réticents à agir pour le climat, des stratégies ciblées pourraient être efficaces. Michael P. Haselhuhn, auteur d'une étude de l'université de Californie, suggère de mettre en avant des arguments financiers, comme les économies réalisées grâce à des équipements moins gourmands en énergie. Une autre approche, testée en Suède, consiste à jouer sur l'émotion en les incitant à réfléchir à leur lien personnel avec la nature. Enfin, certains estiment que l'image du sauveur pourrait motiver les hommes à s'engager, en leur offrant un rôle actif et valorisant dans la lutte climatique.

Ce que ça pourrait changer

L'article évoque plusieurs initiatives pour illustrer ces dynamiques. En Équateur, le Programme alimentaire mondial de l'ONU utilise WhatsApp pour envoyer des bulletins météo simplifiés aux agriculteurs, remplaçant des méthodes traditionnelles comme les *cabañuelas* (prévisionnelles basées sur l'observation des premiers jours de janvier). Au Salon de l'auto de Paris en octobre 2026, la transition vers l'électrique est marquée par des constructeurs chinois et européens, avec des modèles comme la Citroën 2 CV électrique prévue pour 2028 à 15 000 €. Enfin, la série canadienne *Below*, disponible sur Netflix depuis le 8 octobre 2026, aborde les conséquences du changement climatique à travers une intrigue fantastique.

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