Face aux incendies, les Écologistes réclament un « État-providence climatique »
Congé climatique, soutien aux agriculteurs... Les Écologistes appellent à la mise en place d'un « État-providence climatique », qui pourrait être financé grâce à une taxe sur les bénéfices des groupes pétroliers et gaziers.
Les Écologistes, représentés par Marine Tondelier, secrétaire nationale du parti, estiment que les incendies ravageant le sud-ouest de la France en juillet 2026 marquent un point de bascule nécessitant une réaction politique immédiate. Ils appellent à décréter un état d’urgence climatique et à adopter une loi de programmation en procédure accélérée. Selon eux, l’inaction serait une responsabilité lourde, comparable à l’absence de soutien à l’Ukraine face à l’invasion russe. Marine Tondelier souligne l’urgence de mettre les moyens, de planifier et de réorienter les politiques publiques pour faire face à cette crise, comparant l’ampleur de la mobilisation nécessaire à celle déployée pour soutenir un pays en guerre.
Les Écologistes proposent la création d’un État-providence climatique, une extension de la protection sociale pour couvrir les effets du dérèglement climatique. Ce dispositif inclurait un congé climatique pour protéger les travailleurs lors des canicules, un soutien accru aux agriculteurs dont les récoltes ou jeunes arbres sont détruits, et une prise en charge des logements fissurés par le retrait-gonflement des argiles (un phénomène où l’argile se contracte ou gonfle selon l’humidité, endommageant les fondations). Près de 20 millions de personnes seraient exposées à ce risque en France. Le financement de ce système pourrait provenir d’une contribution sur les bénéfices exceptionnels des groupes pétroliers et gaziers, ainsi que d’autres mesures fiscales.
Pour financer l’État-providence climatique, les Écologistes suggèrent une taxe sur les profits des entreprises pétrolières et gazières, ainsi qu’une réunion de crise avec les forces politiques et parlementaires dès la rentrée 2026. Ils proposent également d’instaurer une nuit du 4 août climatique, en référence à la nuit du 4 août 1789 qui a aboli les privilèges féodaux, pour symboliser l’abolition des privilèges climatiques. Marine Tondelier critique vivement les retards dans la gestion des crises, évoquant des pyromanes en politique qui masquent les choix collectifs par des responsabilités individuelles, comme les départs de feu.
Les Écologistes dénoncent une sécurité civile (ensemble des moyens publics pour protéger la population en cas de catastrophe) encore adaptée aux années 1990, incapable de faire face à l’intensification des incendies, inondations et tempêtes. Sur les 12 Canadair (avions bombardiers d’eau) de la flotte française, seulement 5 seraient opérationnels en juillet 2026. Depuis 2023, seuls 500 des 1 000 camions-citernes promis ont été livrés, tandis que 1 000 véhicules anciens doivent être retirés. La députée Sandra Regol prépare une proposition de loi pour moderniser ce système, dans un contexte de grèves répétées des pompiers et d’augmentation des interventions.
Le député Nicolas Thierry, élu de Gironde, estime que les incendies de 2026 confirment l’entrée dans un nouveau régime climatique, caractérisé par des crises plus fréquentes et intenses. Les forêts de pins maritimes, cultivées de manière intensive sur des sols sableux, sont particulièrement vulnérables car ces sols se dessèchent rapidement. La pression démographique accroît aussi l’exposition des habitants en lisière des massifs forestiers. Thierry insiste sur la nécessité de renforcer la prévention et les moyens de lutte contre les incendies, en plus de l’extinction des feux déjà déclarés. Il appelle à un renforcement de l’ONF (Office National des Forêts), chargé de la gestion des espaces boisés.
Marine Tondelier critique une *gestion forestière* qui privilégie les *coupes rases* (abattage total d’une parcelle) et les plantations d’arbres à croissance rapide, au détriment de la résilience des forêts. Elle souligne que le *puits de carbone forestier* français (capacité des forêts à absorber le CO₂) s’est fortement dégradé. La sénatrice Monique de Marco, évacuée de Lanton en Gironde, dénonce l’absence de masques *FFP2* (masques de protection respiratoire) pour la population exposée aux fumées et particules fines. Elle évoque un *cafouillage* dans la gestion de crise, mentionnant des masques commandés pour 2 millions d’euros mais non distribués. Ces lacunes illustrent, selon les Écologistes, une réponse publique inadaptée à l’ampleur des défis climatiques.

