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Christine Fréchette réclame une riposte tarifaire « stratégique » aux États-Unis

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 7 j

Québec n'est pas nécessairement d'accord avec la riposte « dollar pour dollar » annoncée par Ottawa..

Réaction du Québec

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a exprimé son désaccord avec la stratégie canadienne de répondre aux nouveaux tarifs américains de 50 % par des mesures de représailles équivalentes en valeur, qualifiées de dollar pour dollar. Elle privilégie une approche plus stratégique, où l’impact symbolique et l’efficacité des contre-mesures priment sur leur montant exact. Lors d’une rencontre virtuelle avec ses homologues provinciaux et le premier ministre canadien Mark Carney, elle a souligné que certaines représailles pourraient avoir une charge symbolique plus forte que leur valeur économique directe. Cette position a été confirmée lors d’une annonce de candidature pour les élections du 5 octobre 2026. Le Québec mise ainsi sur des choix ciblés pour limiter les dommages aux entreprises locales tout en envoyant un message clair à Washington.

Position d'Ottawa critiquée

Le gouvernement fédéral canadien, dirigé par le premier ministre Mark Carney, avait initialement adopté une stratégie de réponse aux tarifs américains en répliquant dollar pour dollar les montants imposés. Cependant, cette approche a été critiquée par le Québec, qui estime qu’elle pourrait s’avérer contre-productive. Le ministre québécois de l’Économie, Bernard Drainville, a illustré cette critique en prenant l’exemple des billes de bois importées des États-Unis pour fabriquer des meubles au Québec, puis revendus aux États-Unis. Imposer un tarif sur ces importations pénaliserait directement les entreprises québécoises, car elles dépendent de ces matières premières. Ottawa a finalement décidé de mettre fin aux négociations avec Washington, refusant de céder sur des enjeux liés à la culture et à la langue française, ce qui a été salué par Christine Fréchette.

Risques économiques

Les nouveaux tarifs américains de 50 % pourraient avoir des conséquences graves pour l’économie québécoise et canadienne. Selon les estimations de Desjardins, environ 10 % des exportations du Québec seraient touchées par ces mesures, ce qui pourrait entraîner une croissance quasi nulle pour la province en 2026. À l’échelle du Canada, la croissance économique, initialement estimée à 0,8 %, pourrait être réduite de 0,3 point de pourcentage. L’économiste en chef de Desjardins, Jimmy Jean, a averti que pour certaines entreprises, surtout celles dont les marges bénéficiaires sont minces, ces tarifs pourraient rendre leur modèle d’affaires non viable du jour au lendemain. Cette situation s’inscrit dans une crise commerciale qui dure depuis plus de 18 mois, soulignant la nécessité de diversifier les débouchés commerciaux et de lever les barrières au commerce interprovincial.

Aide aux entreprises

Face aux risques économiques, le gouvernement du Québec a annoncé deux programmes d’aide financière destinés aux entreprises de la province. Le premier programme cible les petites et moyennes entreprises (PME) dont le chiffre d’affaires annuel se situe entre 1 et 2 millions de dollars, tandis que le second s’adresse à celles dont le chiffre d’affaires dépasse 2 millions de dollars. Christine Fréchette a indiqué que ces programmes pourraient être ajustés si leur approche ne répondait pas aux besoins réels des entreprises. Le ministre Bernard Drainville a précisé que ces mesures seraient coordonnées avec celles d’Ottawa, notamment avec les programmes d’aide annoncés par Mélanie Joly, ministre fédérale de l’Industrie. L’objectif est de garantir une complémentarité entre les initiatives provinciales et fédérales pour soutenir les entreprises québécoises.

Ce que ça pourrait changer

Certaines entreprises québécoises envisagent de relocaliser une partie de leurs activités aux États-Unis en raison des tarifs imposés, bien que le nombre exact de ces entreprises n’ait pas été précisé. Pour contrer cette tendance, Christine Fréchette a encouragé les gouvernements provinciaux et fédéral à s’approvisionner davantage auprès des entreprises locales. Elle a présenté cette initiative comme une solution pour renforcer l’économie québécoise et réduire la dépendance aux importations américaines. Lors d’une rencontre avec ses homologues, elle a souligné que ce message avait été bien reçu. L’objectif est de stimuler la demande intérieure et de soutenir les industries locales en favorisant les achats auprès des producteurs québécois.

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