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Généraliste

Les drones à réaction russes, une «horreur» à laquelle Kiev cherche une riposte

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

Volant à plusieurs kilomètres d’altitude et pouvant atteindre 600 km/h, ces engins sèment le chaos en Ukraine..

Nouvelle menace russe

Depuis l'été 2026, la Russie utilise massivement des drones à réaction contre l'Ukraine, marquant un tournant dans la guerre. Ces engins, équipés de moteurs à réaction (systèmes de propulsion plus puissants que les moteurs à hélice classiques), peuvent voler à des altitudes comprises entre 4 et 5 kilomètres et atteindre des vitesses de 400 à 600 km/h. Leur charge explosive peut peser jusqu'à 90 kg, soit près du double des drones précédents, pour une taille de 6 mètres de long et 5,5 mètres d'envergure. Ces caractéristiques les rapprochent des missiles de croisière (projectiles autopropulsés guidés vers une cible), rendant leur interception plus difficile. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cette tactique représente une « horreur » inédite dans le conflit qui dure depuis plus de quatre ans.

Échec des défenses

L'Ukraine avait développé un système de défense antidrone très efficace contre les drones classiques, comme les Shahed iraniens (drones à longue portée avec moteurs à hélice et explosion), atteignant un taux de destruction supérieur à 90 %. Cependant, les nouveaux drones à réaction réduisent ce taux à environ 60 %, selon l'expert militaire ukrainien Serguiï Zgourets. Entre juin et août 2026, la Russie a lancé 2 800 drones en août, 1 500 en juillet et quelques centaines en juin, saturant les défenses ukrainiennes. Leur approche par petits groupes, de jour comme de nuit, rend les alertes aériennes quasi continues, avec parfois une douzaine d'alertes par jour, perturbant gravement la vie quotidienne à Kiev.

Impact sur Kiev

Depuis le 27 août 2026, les drones à réaction ciblent principalement Kiev et sa région, déjà touchées par une augmentation des attaques de missiles balistiques (projectiles non guidés ou guidés sur une trajectoire préétablie) cet été. Une frappe récente a endommagé le siège des services de sécurité ukrainiens, un symbole fort en plein centre-ville. Les alertes aériennes répétées obligent les institutions, commerces et écoles à fermer ou à s'adapter : le métro limite ses circulations, les écoles passent à l'enseignement à distance, et la circulation routière devient chaotique. Kiev, ville de 3 millions d'habitants, manque cruellement d'abris antibombes, aggravant la vulnérabilité de la population.

Production massive russe

La Russie produit désormais 3 000 drones à réaction par mois, selon des analystes. Cette capacité industrielle s'est développée sur 18 mois, offrant à Moscou une « fenêtre d'opportunité » pour exploiter cette avancée technologique. Le blogueur ukrainien Nikolaïevski Vaniok, suivi par 2,6 millions de personnes sur Telegram, estime que 90 % des impacts de drones actuels sont dus à ces nouveaux engins. Cette production massive contraste avec les défenses ukrainiennes, encore en phase de développement pour contrer cette menace, malgré leur réputation internationale en matière de lutte antidrone.

Recherche de solutions

Face à cette situation, Volodymyr Zelensky a réuni son cabinet militaire pour accélérer la production d'intercepteurs (drones ou missiles conçus pour détruire d'autres drones ou projectiles en vol). Des prototypes existent déjà, mais leur efficacité reste à prouver. Un fabricant ukrainien d'intercepteurs pour drones classiques a déclaré travailler « activement » sur une solution, sans préciser de calendrier. Serguiï Zgourets, directeur du centre d'analyse Defense Express, souligne que les intercepteurs ne suffiront pas : une riposte efficace nécessitera une combinaison de moyens incluant l'aviation, des systèmes sol-air (défenses antiaériennes au sol), la guerre électronique (brouillage des signaux) et des frappes ciblées contre les sites de production et de lancement russes en Russie.

Ce que ça pourrait changer

Selon Serguiï Zgourets, la Russie a pris une avance technologique dans ce domaine, et il faudra probablement « jusqu'à six mois » pour que l'Ukraine développe des contre-mesures efficaces. Ce délai reflète la complexité de la course technologique entre attaquants et défenseurs. En attendant, la situation à Kiev reste critique, avec des perturbations économiques et sociales majeures. Les autorités ukrainiennes ont dû assouplir les protocoles de sécurité pour permettre à la capitale de fonctionner malgré les attaques répétées, illustrant l'urgence de trouver une solution durable.

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