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Géopolitique

Londres voit la main de l’Iran derrière la “curieuse affaire” de la base de Fairford

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Sept hommes ont été arrêtés par les autorités antiterroristes après la découverte, à la fin de septembre, de camionnettes suspectes aux abords du site militaire britannique, utilisé jusqu’à peu par l’armée américaine dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient. L’enquête patine, mais le Premier ministre britannique a pointé du doigt, lundi 12 octobre, les Gardiens de la révolution islamique d’Iran..

Incident à Fairford

À la fin septembre 2026, cinq hommes ont été arrêtés près de la base aérienne de Fairford, dans l’ouest de l’Angleterre, après avoir conduit trois camionnettes blanches depuis Londres jusqu’au village de Whelford, situé aux abords du site militaire. L’un d’eux a appelé le numéro d’urgence 999 en chemin. Les cinq suspects ont été interpellés sur place et relâchés sous caution le lendemain. Deux autres personnes, dont un citoyen britanno-iranien, ont été arrêtées ultérieurement. Aucune inculpation n’a encore été prononcée, et les enquêteurs n’ont trouvé ni explosif ni objectif clair de l’opération. Une certaine quantité d’essence a toutefois été relevée sur les lieux.

Rôle de l’Iran

Le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré devant la Chambre des communes le 12 octobre 2026 que les autorités étaient « quasi certaines » que les Gardiens de la révolution islamique (IRGC, une branche militaire et paramilitaire de l’État iranien) étaient responsables de la coordination de cette opération depuis l’Iran. Cette affirmation marque la première fois qu’un lien aussi direct est établi entre Téhéran et un incident de ce type au Royaume-Uni. Les Gardiens de la révolution sont souvent accusés par les pays occidentaux de mener des activités d’espionnage ou de déstabilisation à l’étranger.

Base militaire stratégique

La base aérienne de Fairford est un site militaire britannique situé dans le Gloucestershire, utilisé jusqu’à récemment par l’armée américaine pour ses opérations au Moyen-Orient, notamment dans le cadre de la guerre en Iran. Après l’incident, les États-Unis ont retiré leurs appareils de la base, évoquant des « menaces » pour justifier cette décision. Cette base est considérée comme particulièrement vulnérable, car elle est facilement accessible et surveillée par des observateurs d’avions, ce qui en fait une cible potentielle pour des attaques, y compris par drones.

Réactions internationales

Les États-Unis, le Canada, l’Australie, le Royaume-Uni et 24 États européens ont condamné dans un communiqué conjoint les manœuvres de l’Iran et de son « réseau d’intermédiaires ». Ces pays dénoncent ce qu’ils qualifient de tactiques hybrides, c’est-à-dire des actions combinant des moyens militaires, cyber ou de désinformation pour déstabiliser des adversaires. Le Premier ministre britannique a également souligné que l’Iran cherchait à semer la peur sur la scène intérieure britannique, notamment en ciblant la communauté juive du pays. Aucune preuve publique n’a été fournie pour étayer ces accusations.

Ce que ça pourrait changer

Cet incident survient dans un contexte de tensions accrues entre l’Iran et les pays occidentaux, notamment depuis le début de la guerre en Iran. Bien que le Royaume-Uni joue un rôle marginal dans ce conflit, l’Iran semble vouloir envoyer un message fort en ciblant des infrastructures stratégiques sur le sol britannique. L’objectif pourrait être de dissuader le Royaume-Uni de soutenir davantage les États-Unis ou d’affaiblir la position des pays occidentaux dans la région. La base de Fairford, utilisée par les bombardiers américains, symbolise cette présence militaire et sa vulnérabilité.

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